
Ca faisait quelques mois qu’aucune interview n’était venue peupler les colonnes de DiscoBlog. En fait depuis l’intervention d’Emma Pollock en juin 2007. Ce qui ne rajeunit personne….
Mais comme j’avais promis plus d’activité sur DiscoBlog à la rentrée, voici revenir le temps des interviews… Premier élu de la saison 2008-2009 : Hungry Lucy. Fondé par chance en 1998, ce groupe américain concentre ses influences sur la musique électronique et la pop-eighties-tendance-Depeche-Mode, avec par dessus le bouquet la voix très aérienne de Christa Belle. Mélange bizarre qui donne quelque chose d’à la fois lyrique et de lourd, mais jamais d’indigeste. Une très jolie curiosité.
Pour ma part, j’ai découvert Hungry Lucy grâce, encore une fois, à Free Albums Galore qui se faisait l’écho de Before We Stand, EP gratuit sorti au printemps. Après de brefs échanges, War-N Harrison, compositeur principal du groupe, a accepté de répondre aux questions de DiscoBlog. Une interview exclusive, tout ça tout ça…
C’est parti !
DiscoBlog : Où êtes-vous pendant que vous répondez à cette interview ?
War-N Harrison : Je réponds à cette interview entre mon bureau/studio chez Christa’s et ma maison de Cincinnati, Ohio, USA.
DiscoBlog : Comment qualifieriez-vous votre musique ?
War-N Harrison : Pour moi, Hungry Lucy se contente de créer la musique que j’aime écouter. Rien de plus, rien de moins. Une bonne partie de nos chansons sonne un peu comme une combinaison de Tori Amos et de Depeche Mode. Et même si nous utilisons à l’origine des moyens électroniques pour produire notre musique, nous essayons toujours de garder un son organique. Il y a beaucoup d’instruments samplés dans nos mix. Mais la plupart des gens n’ont pas idée que tout est produit électroniquement.
DiscoBlog : Quelles sont vos inspirations musicales principales ?
War-N Harrison : Mes premières influences sont les pionniers de l’électronique comme Wendy Carlos, Isao Tomita et Jean-Michel Jarre. Pendant mon adolescence, je me suis plus intéressé à la pop-music et j’ai été largement influencé par Howard Jones, Gary Numan et Depeche Mode. Maintenant, je suis influencé par tout ce que j’entends, d’une manière ou d’une autre. Je suis un peu un bandit-musicien… je vole mes morceaux préférés dans tout ce que j’entends et je les mixe dans une sorte de cocktail musical. J’ai toujours été fasciné par les contrastes entre sons et styles. L’art de combiner des éléments disparates, tout en restant naturel, est aujourd’hui l’un de mes plus grand défi.
DiscoBlog : Jusqu’à quel point Internet est-il important dans votre relation avec vos fans ?
War-N Harrison : Si ce n’était pour le Web (et spécialement MP3.com), Hungry Lucy ne serait jamais sorti de terre. La simple possibilité de créer quelque chose et de pouvoir le partager instantanément avec son public n’a pas de prix. Je n’ai jamais oublié cela, et je continue à partager la musique, même en devenant un peu plus populaire. Beaucoup d’artistes et de labels ne voient dans le Web qu’un outil marketing pour exister. Ils manquent la véritable opportunité de connexion que le Web rend possible. La possibilité d’avoir un retour de votre public crée un merveilleux cercle vertueux qui nous aide à avancer. Il n’y a qu’à voir comment cette interview est simple à réaliser !
DiscoBlog : Des projets de tournée en France ?
War-N Harrison : Pas pour l’instant j’en ai peur. Etre partout à la fois (via Internet) peut donner l’impression de célébrité et de richesse. Nous sommes juste un couple marié essayant de produire notre musique. Notre situation financière ne nous permet pas de voyager à l’étranger facilement. Nous espérons toutefois faire une petite tournée européenne dans les années qui viennent. Restez à l’écoute !
DiscoBlog : Y a-t-il des artistes français dont vous êtes fan ?
War-N Harrison : Oui, plusieurs. J’ai déjà parlé de la grande influence que Jean-Michel Jarre a eu sur moi. Je suis encore un grand fan de sa musique. AIR est également l’un de mes groupes préféré. J’aime beaucoup le fait qu’ils franchissent aussi facilement les frontières musicales. Qu’ils ne s’attachent pas à suivre un style précis mais qu’ils se concentrent surtout sur la beauté de la musique. J’aime également beaucoup les reprises de Nouvelle Vague… de très belles interprétations de classiques intemporels.
DiscoBlog : Quelle est votre chanson préférée de U2 ?
War-N Harrison : Ce doit être One. J’en ai la chair de poule rien qu’à en parler. Il y a tellement d’émotions dans cette chanson. Nous avons essayé de faire une reprise de One il y a quelques années. Nous avions toute la musique enregistrée et finie… et nous avons réalisé que la voix de Bono était tellement importante pour la chanson, que ça ne fonctionne pas vraiment si ce n’est pas lui qui chante.
DiscoBlog : Y a-t-il des artistes ou des groupes que vous aimeriez faire découvrir aux lecteurs de DiscoBlog ?
War-N Harrison : Beaucoup. Quelques-uns qui me viennent à l’esprit. Bloodwire est un grand groupe électronique-pop avec d’adorables vocalistes féminines. Nous avons eu la chance de tourner avec eux en 2005. Zoe Keating, une violoncelliste talentueuse qui utilise l’électronique pour créer de très beaux paysages sonores. Amanda Palmer, auparavant The Dresden Dolls, est très bonne sur scène, et varie beaucoup les humeurs de sa musique. Elle sera à Paris le 23 octobre.
PS : En rebond rapide, on cause d’Amanda Palmer en ce moment sur le très bon Oreille en feu. Le premier album de la dame est sorti hier et j’attends d’y jeter une oreille.
Visiter le site officiel de Hungry Lucy.
Télécharger Before We Stand, EP gratuit du groupe.