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Chair Chant Corps : “On s’occupera plus tard de savoir si c’est vendable”

Mardi 30 septembre 2008

Chair Chant Corps

Depuis quelques temps, j’ai la chance de côtoyer très régulièrement Simon, fondateur et chanteur attitré du groupe grenoblois Chair Chant Corps. Posé en plein milieu de la scène rock française, ce Chair Chant Corps suit à la fois les traces d’un Noir Désir (pour la sonorité) et d’un Léo Ferré (pour les textes). Le premier album, Nous Rirons, dont je replace le single titre en extrait du jour : , était sorti en 2005, il a été rejoint depuis par un DVD Live plein de pêche….

L’occasion était trop belle… Le temps d’un échange de mail, Simon raconte l’histoire du groupe, donne son avis tranché sur la scène rock française et partage ses influences et coups de coeur. Une petite interview exclusive pour DiscoBlog, à déguster tout simplement !

DiscoBlog : Où êtes-vous pendant que vous répondez à cette interview ?
Simon : Chez moi, sous les toits.

DiscoBlog : Racontez-nous un peu comment le groupe s’est formé.
Simon : J’ai passé un an à San Francisco, où beaucoup d’envies sont nées.
En rentrant en France, j’ai contacté Michaël (le guitariste) et lui ai proposé de monter un projet rock/chanson basé sur les textes.
On a commencé à maqueter un album comme ça, à deux, en s’échangeant des fichiers par internet.
Au bout de deux ans on a eu envie de passer à l’étape suivante, et de monter un groupe de scène, à partir du repertoire que nous avions créé.
On rencontré Eric puis Julien, ainsi est né le groupe dans sa formation actuelle.

DiscoBlog : Les compositions, aussi bien que la voix, font beaucoup penser à Noir Désir. C’est l’une de vos influences ?
Simon : Nous avons tous des parcours différents… Michaël vient du metal, Julien du punk, moi je suis passé par le hip-hop, les polyphonies corses…
Au moment de la création du projet, on s’est retrouvé autour d’influences communes qui gravitaient autour du rock français.
C’est ce qui ressort assez clairement sur notre premier album, “Nous Rirons”.
Le prochain va aller voir ailleurs si on y est…

DiscoBlog : C’est important pour vous de chanter en français ?
Simon : Oui c’est peut être l’élément le plus inaliénable de notre projet. Dans nos nouvelles compositions, nous explorons de nouvelles pistes musicales, mais le chant est toujours en français.Notre projet a été fondé sur l’envie de poésie et de sens. Il ne s’agit pas de tenir un discours ou de porter un message à proprement parler; il s’agit plutôt d’évocation, de jouer avec les images, et de pousser ce jeu jusqu’à un certain point.
Il n’y a que dans ma langue maternelle que je pouvais trouver assez de précision et de force pour véhiculer les émotions que je voulais faire passer.
Une autre langue offrirait peut-être plus de musicalité pure, mais ce serait au détriment de beaucoup de choses.
Ce qui ne veut pas non plus dire que nous ne ferons jamais rien dans d’autres langues ! ;-)

DiscoBlog : Qu’est-ce que vous pensez, justement, de la “nouvelle scène” rock française ?
Simon : Cette “scène” est plus une expression fourre-tout qu’une réelle entité…
Les forces sont dispersées, il y a beaucoup de petits groupes qui vivotent…
Quelques projets arrivent à émerger pendant quelques mois, pas toujours les plus intéressants d’ailleurs…
Il n’y a rien de bien stable, pas de tribu, pas de porte drapeau.
Artistiquement il y a plein de belles choses, mais qui restent peu connues.

Du coté des labels, la plupart cherchent à faire des “coups”, en se basant sur des formats musicaux qui ont vécu.
On entend des gens qui nous disent comment doit être notre prochain album pour pouvoir “marcher”.
Ce n’est sûrement pas comme ça que les choses vont évoluer…
Ca nous a troublé pendant un moment, et puis on a choisit de faire notre truc comme on le voulait.
On s’occupera plus tard de savoir si c’est vendable.

DiscoBlog : Quelle est l’importance du Web dans votre relation avec votre public ?
Simon : C’est notre unique façon d’échanger avec les gens en dehors des concerts, c’est donc un médium de premier choix pour nous.
A travers le forum, la newsletter et le myspace, on diffuse des infos, des photos, des titres inédits, et les gens nous font des retours, postent leurs propres photos de concerts, etc.
Ca nous permet de garder un contact avec le public, même en dehors des périodes de tournée.

DiscoBlog : Quel est votre morceau préféré de U2 ?
Simon : “Les anarchistes”

DiscoBlog : Y a-t-il des artistes ou des groupes que vous aimeriez faire découvrir aux lecteurs de DiscoBlog ?
Simon : Yep !
- Les belges de Ghinzu, dont le deuxième album Blow est sublime. On a surtout entendu leur single Do you read me à la radio, mais le reste de l’album vaut vraiment le détour !
- Et les français d’Ez3kiel, dont le dernier album Battlefield est renversant. A voir aussi (et surtout) sur scène, ça a été ma claque de l’année.

PS : La fournée de dinosaure du jour regroupe Depeche Mode (album prévu en 2009 et un Stade de France en juin, yeah), The Cure (album le 27 octobre) et U2 (nouvel album en 2009 aussi, produit par le trio Rubin, Eno, Lannois). Les 6 prochains mois s’annoncent musicalement assez lourds.

Visiter le site officiel de Chair Chant Corps.

La black-pop d’Hungry Lucy en interview exclusive…

Mardi 16 septembre 2008

Hungry Lucy

Ca faisait quelques mois qu’aucune interview n’était venue peupler les colonnes de DiscoBlog. En fait depuis l’intervention d’Emma Pollock en juin 2007. Ce qui ne rajeunit personne….
Mais comme j’avais promis plus d’activité sur DiscoBlog à la rentrée, voici revenir le temps des interviews… Premier élu de la saison 2008-2009 : Hungry Lucy. Fondé par chance en 1998, ce groupe américain concentre ses influences sur la musique électronique et la pop-eighties-tendance-Depeche-Mode, avec par dessus le bouquet la voix très aérienne de Christa Belle. Mélange bizarre qui donne quelque chose d’à la fois lyrique et de lourd, mais jamais d’indigeste. Une très jolie curiosité.

Pour ma part, j’ai découvert Hungry Lucy grâce, encore une fois, à Free Albums Galore qui se faisait l’écho de Before We Stand, EP gratuit sorti au printemps. Après de brefs échanges, War-N Harrison, compositeur principal du groupe, a accepté de répondre aux questions de DiscoBlog. Une interview exclusive, tout ça tout ça…

C’est parti !

DiscoBlog : Où êtes-vous pendant que vous répondez à cette interview ?
War-N Harrison : Je réponds à cette interview entre mon bureau/studio chez Christa’s et ma maison de Cincinnati, Ohio, USA.

DiscoBlog : Comment qualifieriez-vous votre musique ?
War-N Harrison : Pour moi, Hungry Lucy se contente de créer la musique que j’aime écouter. Rien de plus, rien de moins. Une bonne partie de nos chansons sonne un peu comme une combinaison de Tori Amos et de Depeche Mode. Et même si nous utilisons à l’origine des moyens électroniques pour produire notre musique, nous essayons toujours de garder un son organique. Il y a beaucoup d’instruments samplés dans nos mix. Mais la plupart des gens n’ont pas idée que tout est produit électroniquement.

DiscoBlog : Quelles sont vos inspirations musicales principales ?
War-N Harrison : Mes premières influences sont les pionniers de l’électronique comme Wendy Carlos, Isao Tomita et Jean-Michel Jarre. Pendant mon adolescence, je me suis plus intéressé à la pop-music et j’ai été largement influencé par Howard Jones, Gary Numan et Depeche Mode. Maintenant, je suis influencé par tout ce que j’entends, d’une manière ou d’une autre. Je suis un peu un bandit-musicien… je vole mes morceaux préférés dans tout ce que j’entends et je les mixe dans une sorte de cocktail musical. J’ai toujours été fasciné par les contrastes entre sons et styles. L’art de combiner des éléments disparates, tout en restant naturel, est aujourd’hui l’un de mes plus grand défi.

DiscoBlog : Jusqu’à quel point Internet est-il important dans votre relation avec vos fans ?
War-N Harrison : Si ce n’était pour le Web (et spécialement MP3.com), Hungry Lucy ne serait jamais sorti de terre. La simple possibilité de créer quelque chose et de pouvoir le partager instantanément avec son public n’a pas de prix. Je n’ai jamais oublié cela, et je continue à partager la musique, même en devenant un peu plus populaire. Beaucoup d’artistes et de labels ne voient dans le Web qu’un outil marketing pour exister. Ils manquent la véritable opportunité de connexion que le Web rend possible. La possibilité d’avoir un retour de votre public crée un merveilleux cercle vertueux qui nous aide à avancer. Il n’y a qu’à voir comment cette interview est simple à réaliser !

DiscoBlog : Des projets de tournée en France ?
War-N Harrison : Pas pour l’instant j’en ai peur. Etre partout à la fois (via Internet) peut donner l’impression de célébrité et de richesse. Nous sommes juste un couple marié essayant de produire notre musique. Notre situation financière ne nous permet pas de voyager à l’étranger facilement. Nous espérons toutefois faire une petite tournée européenne dans les années qui viennent. Restez à l’écoute !

DiscoBlog : Y a-t-il des artistes français dont vous êtes fan ?
War-N Harrison : Oui, plusieurs. J’ai déjà parlé de la grande influence que Jean-Michel Jarre a eu sur moi. Je suis encore un grand fan de sa musique. AIR est également l’un de mes groupes préféré. J’aime beaucoup le fait qu’ils franchissent aussi facilement les frontières musicales. Qu’ils ne s’attachent pas à suivre un style précis mais qu’ils se concentrent surtout sur la beauté de la musique. J’aime également beaucoup les reprises de Nouvelle Vague… de très belles interprétations de classiques intemporels.

DiscoBlog : Quelle est votre chanson préférée de U2 ?
War-N Harrison : Ce doit être One. J’en ai la chair de poule rien qu’à en parler. Il y a tellement d’émotions dans cette chanson. Nous avons essayé de faire une reprise de One il y a quelques années. Nous avions toute la musique enregistrée et finie… et nous avons réalisé que la voix de Bono était tellement importante pour la chanson, que ça ne fonctionne pas vraiment si ce n’est pas lui qui chante.

DiscoBlog : Y a-t-il des artistes ou des groupes que vous aimeriez faire découvrir aux lecteurs de DiscoBlog ?
War-N Harrison : Beaucoup. Quelques-uns qui me viennent à l’esprit. Bloodwire est un grand groupe électronique-pop avec d’adorables vocalistes féminines. Nous avons eu la chance de tourner avec eux en 2005. Zoe Keating, une violoncelliste talentueuse qui utilise l’électronique pour créer de très beaux paysages sonores. Amanda Palmer, auparavant The Dresden Dolls, est très bonne sur scène, et varie beaucoup les humeurs de sa musique. Elle sera à Paris le 23 octobre.

PS : En rebond rapide, on cause d’Amanda Palmer en ce moment sur le très bon Oreille en feu. Le premier album de la dame est sorti hier et j’attends d’y jeter une oreille.

Visiter le site officiel de Hungry Lucy.
Télécharger Before We Stand, EP gratuit du groupe.

L’interview… Emma Pollock

Mercredi 27 juin 2007

Youpi ! Champagne ! C’est la dixième interview que DiscoBlog publie dans sa colonne !

Emma Pollock est écossaise. Issue d’un groupe qui a hanté la scène indé de Glasgow pendant 10 ans - The Delgados - elle signe aujourd’hui sont premier album. Watch The Fireworks sort en septembre et s’annonce comme un petit bijou pop ciselé par une large expérience musicale et par l’une des scènes musicales la plus inventive d’Europe. On reparlera de l’album sur DiscoBlog dans les jours qui viennent d’ailleurs.
En attendant, Emma Pollock s’est livré au petit jeu de l’interview DiscoBlog pendant son dernier passage à Paris. On y parle d’Ecosse, de variété, de Jacques Brel et de U2. L’une des interviews que j’ai eu le plus de plaisir à traduire !

DiscoBlog : Où êtes-vous pendant que vous répondez à cette interview ?
Emma Pollock : Je suis dans les bureaux de Beggars, à Paris, et je m???efforce de taper sur un clavier français. Je suis ici seulement pour la journée, de retour d???une session acoustique pour OuiFM. J???y ai fait une reprise du You Don???t Know enregistré en 1961 par Helen Shapiro. J???ai chanté les paroles en français, j???en suis très fière !

DiscoBlog : En écoutant Watch The Fireworks, je dirais qu???il se situe quelque part entre la musique folk et les influences pop/rock scandinaves. Comment décririez-vous votre musique et cet album ?
Emma Pollock : J???ai essayé de faire un album aussi éclectique que possible. J???étais la seule à en écrire les chansons et j???étais inquiète que l???album soit trop répétitif. Je dirais que l???album couvre le folk, la pop, mais aussi des sons plus sombres avec des chansons comme The Optimist et Newland qui pourrait faire partie d???une comédie musicale. Je voulais écrire des chansons avec différents sentiments, différents rythmes et utiliser des instruments variés, pour que l???album sonne « varié ».

DiscoBlog : Quelles ont été les principales influences et inspirations pour cet album ?
Emma Pollock : Je ne sais jamais vraiment qui sont mes influences parce que j???écoute vraiment beaucoup de musique, de toute époque et de tout type. Je sais par contre que je place la mélodie au dessus de tout et que j???aime les songwriters classiques comme David Bowie, Joni Mitchell, Kate Bush. J???aime beaucoup le nouvel album des Shins.

DiscoBlog : Vous avez participé pendant 10 ans à l???aventure The Delgados (NDLR : l???ancien groupe d???Emma, dissous en 2005). Qu???est ce que ça fait de ne plus jouer dans un groupe maintenant ?
Emma Pollock : C???est très intéressant d???avoir la liberté de faire exactement ce que l???on veut, mais on se sent aussi un peu seul de ne pas pouvoir partager son expérience avec un groupe. J???aime enregistrer et jouer live avec un groupe, parce que je veux encore faire de la musique qui sonne fort !

DiscoBlog : Quand on parle d???Ecosse et de musique, Belle and Sebastian et Franz Ferdinand sont les noms qui me viennent immédiatement à l???esprit. La scène écossaise doit être plus grande que cela. A quoi ça ressemble de l???intérieur ?
Emma Pollock : Il y a tellement de groupes qui sortent en Ecosse - une part disproportionnée de la population. Je ne sais pas pourquoi, mais il y a de l’activité en permanence, beaucoup de salles de concert et de répétition et plein d’occasion pour les gens de faire quelque chose. Il y a aussi un très bon esprit à Glasgow ??? les gens aiment lancer des projets sans se mettre trop la pression. C’est très sain pour la musique. Glasgow est aussi suffisamment loin de Londres pour avoir sa propre scène !

DiscoBlog : Y a-t-il un artiste français dont vous êtes fan ?
Emma Pollock : J’écoutais du Jacques Brel dans la voiture récemment??? (NDLR : ce qui montre bien que pour un anglo-saxon, français et belge c’est pareil???)

DiscoBlog : Quelle est votre chanson préférée de U2 ?
Emma Pollock : Ah??? je ne suis pas certain d’avoir un morceau préféré, mais j’aime les albums Joshua Tree et Achtung Baby. Sans doute The Fly en fait.

DiscoBlog : Y a-t-il des artistes ou des groupes que vous aimeriez faire découvrir aux lecteurs de DiscoBlog ?
Emma Pollock : Le nouvel album de Mother & The Addicts, Science Fiction Illustrated, sorti sur le label Chemikal Underground en août est un très bon disque.
Il y a aussi un nouveau groupe nommé Twillight Sad qui a sorti récemment sorti son premier album. Il mérite définitivement le détour.

Visiter le site officiel d’Emma Pollock

L’interview… Jil Caplan

Mardi 19 juin 2007

Dans la foulée de la sortie de Derrière La Porte, Jil Caplan s’est lancé dans le concours des réponses les plus brèves aux interviews DiscoBlog avec Matt Ward. Ca n’était pas du tout évident au départ, mais il semble qu’elle ait gagné cette compétition haut la main. Un petit conseils aux fans : lisez cette interview plusieurs fois pour réellement en profiter !

DiscoBlog : Où êtes-vous pendant que vous répondez à cette interview ?
Jil Caplan : Devinez ! Derrière ma porte virtuelle, mon ordinateur.

DiscoBlog : 20 ans de carrière depuis Oh! Tous Les Soirs en 1986. Toujours la même envie de faire de la chanson ?
Jil Caplan : Dingue non ? Mais la réponse est oui !

DiscoBlog : Qu’est-ce qui a changé pendant ces 20 ans, dans le monde de la chanson française ?
Jil Caplan : Moi et les autres.

DiscoBlog : Derrière La Porte, c’est l’album des retrouvailles avec Jay Alenski. Comment se sont passées ces retrouvailles ?
Jil Caplan : Vives & intenses, inattendues, mais comme un rendez vous évident.

DiscoBlog : Certains rythmes de Derrière La Porte sonnent un peu plus électroniques. C’est pour vous une nouvelle approche ?
Jil Caplan : Oui pour la forme…. Il y a plus d’électricité c’est certain. J’aime !

DiscoBlog : Quelles ont été vos principales influences pour Derrière La Porte ?
Jil Caplan : C’est surtout une façon d’être, essayer d’approcher d’une certaine justesse, de musique, de textes. on est toujours habité d’aînés qui ont ouverts une voie, un chemin de nouveauté.

DiscoBlog : Quel est votre morceau préféré de U2 ?
Jil Caplan : (Run Away) I Will Follow, sur Boys.

DiscoBlog : Y a-t-il des artistes ou des groupes que vous aimeriez faire découvrir aux lecteurs de DiscoBlog ?
Jil Caplan : Des tas ! Joan As Police Woman, Antony & The Jonhsons, Grandaddy, Tim Buckley (le père de Jeff), Will Oldham, certains titres de Nina Simone, Surjan Stevens….trop long à dire…..

Le site officiel de Jil Caplan.
La page MySpace de Jil Caplan.

L’interview… Andrea Revel

Mercredi 18 avril 2007

Il y a 15 jours, je vous parlais d’Andrea Revel, chanteuse et songwriteuse canadienne découverte en France avec la BO de ReGenesis. Elle a accepté, très vite, de répondre à une interview pour DiscoBlog. C’est cool, ça faisait un moment qu’il n’y avait pas eu d’interview ici. Elle nous éclaire sur la scène canadienne actuelle…

DiscoBlog : Où êtes-vous en ce moment, pendant que vous répondez à cette interview ?
Andrea Revel : Je suis actuellement à Montréal, Québec, Canada.

DiscoBlog : J’ai découvert vos chansons grâce à ReGenesis. Comment avez-vous vu vos chansons présentes dans cette série ?
Andrea Revel : L’équipe de ReGenesis a demandé à mon producteur, Behavior, l’autorisation d’utiliser la chanson Anywhere But Here en tant que thème principal. Ma voix est en fait dans le thème de la série, même si les paroles de la chanson n’ont pas été utilisées. Après avoir écouté une copie de mon premier LP Citysong, la série a finalement utilisé la chanson The Past is Never Past pour deux épisodes différents, dont le final de la première saison.

DiscoBlog : Comment qualifiriez-vous votre musique ?
Andrea Revel : C’est très difficile pour moi de qualifier ou catégoriser ma musique, parce qu’elle dépend de ce que je suis à l’intérieur quand j’écris et enregistre un album. En ce moment, je suis surtout concentré sur ma guitare électrique, une Gretsch Duo-Jet, et cela va grandement influencer mon prochain album. Je dirais que Citysong est un hybride de folk et de musique électronique, ou “la country girl qui rencontre la city girl”.

DiscoBlog : Quelles sont vos principales sources d’inspiration pour votre dernier album, Citysong ?
Andrea Revel : Je pense que mon inspiration principale pour Citysong était mon déménagement depuis Calgary (Alberta) vers Montréal. Ca a été un grand changement pour moi. Une autre source d’inspiration a également été ma découverte de la composition avec boucles et samples.

DiscoBlog : En écoutant Mile Zero et Citysong, beaucoup de noms d’artiste folk - comme Alanis Morissette - me viennent à l’esprit. Comment vous placez-vous dans cette scène folk/alternative ?
Andrea Revel : Je ne sais pas réellement où me placer. Vous feriez probablement un meilleur boulot que moi sur ce point.

DiscoBlog : Depuis quelques années, la scène canadienne est de plus en plus active, au moins vu d’Europe. Comment ressentez-vous cela de l’intérieur ?
Andrea Revel : J’ai l’impression que la scène canadienne a toujours été très active, c’est seulement qu’elle est aujourd’hui reconnue internationalement. Je dois dire que le fait de vivre à Montréal de nos jours est très excitant pour un musicien. The Stars, The Dears ou Arcade Fire sont seulement la partie immergée de l’iceberg.

DiscoBlog : Jusqu’à quel point Internet est important dans votre musique et le contact avec vos fans ?
Andrea Revel : Internet est extrêmement important pour garder contact avec le public, surtout MySpace. Je rencontre beaucoup de fans et j’adore vraiment ça.

DiscoBlog : Des chances de vous voir en concert en France dans les mois qui viennent ?
Andrea Revel : Je devrais tourner en Europe l’hiver prochain, mais rien n’a encore été confirmé.

DiscoBlog : Quelle est votre chanson préférée de U2 ?
Andrea Revel : J’aime beaucoup cette question parce que j’étais une très grande fan de U2 quand j’étais adolescente. Je dois dire que Bad, With or Without You et Trying to Throw Your Arms Around The World (je pense que c’est le titre exact…).

DiscoBlog : Y a-t-il un groupe ou un artiste que vous aimeriez faire découvrir aux lecteurs de DiscoBlog ?
Andrea Revel : Oui ! J’ai quelques bons amis qui sont réellement épatants : Behavior , Amanda Mabro, Patrick Krief, Claire Jenkins
avec Band
et Treasa Levasseur.

L???interview??? Blizzar B

Lundi 5 février 2007

Promis la semaine dernière, déjà en ligne ce lundi.
Ben le bassiste, Aurélie la batteuse et Julie la chanteuse/guitariste de Blizzar B répondent aux questions de DiscoBlog…

DiscoBlog : Où êtes-vous en ce moment, pendant que vous répondez à cette interview ?
Julie : On est chez Ben, devant un match de handball (France-Allemagne en demi finale de la coupe du monde).

DiscoBlog : Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Julie : J???ai rencontré Aurel au fond d???une salle de cours en fac de musico, à Dijon. On n???avait pas de copains alors on s???est retrouvées au fond??? Et pis quelques mois plus tard j???ai reçu un coup de fil de Ben, alors qu???on cherchait à intégrer une basse dans le groupe.
Ben : En fait à l???époque je jouais de la guitare et je cherchais un projet sérieux. Un pote m???a filé le numéro de Julie, en me faisant écouter un enregistrement d???une répète de Jul et Aurel. J???ai trouvé ça très abouti et assez original ; à l???époque il s???agissait des ébauches de nos futures premières compos : Je m???enivre, Kill Myself???
J???ai donc appelé Jul et j???avoue avoir fait le forcing pour jouer avec elle. On a accroché direct, elle m???a présenté Aurel, et là on a commencé à faire des trucs à trois??? Au bout de quelques semaines, on n???avait toujours pas de bassiste, et je me suis rendu compte que finalement, Jul meublait totalement l???espace musical mélodique en chantant et jouant. J???ai ravalé ma fierté et je suis allé m???acheter une basse??? non, non, je ne regrette rien???

DiscoBlog : Une question peut-être un peu bête, mais tellement de groupes de rock français sortent maintenant leurs albums en anglais… pourquoi chantez-vous en français ?
Julie : Au début c???était par défi, pour voir ce dont on était capable??? C???est une langue qui est vachement poétique, le français, et je pense que même si on maîtrisait l???anglais, on ne ferait pas mieux au niveau des textes.
Aurélie : Et puis c???est notre langue à la base???
Julie : L???écoute est différente en concert??? en fait, c???est tellement logique de chanter en français devant des français??? les gens t???écoutent. Et c???est aussi plus facile d???interpréter un texte en français sur scène??? physiquement. J???aime bien vivre les chansons en français. En anglais, je ne pourrais pas les vivre. Même si tu comprends ce que tu chantes en anglais, ce n???est pas inné.

DiscoBlog : A l’écoute de En Chaîne Et En Os, on se dit que Blizzar B est assez difficile à catégoriser. D’abord à cause de la voix féminine, pas si courante que ça finalement, et aussi à cause de la patte musicale. Comment vous qualifieriez votre musique ?
Ben : Boarf, difficile à dire??? c???est du « Blizzar B », quoi??? Je pense vraiment qu???on a notre style : tout simplement une musique suprêmement géniale et accrocheuse. Je rigole.
On peut se classer dans le « rock », c???est sûr, le rock français, c???est sûr aussi???
Julie : Au départ c???était de la pop. Ensuite le temps qu???on se découvre les uns-les autres, c???est devenu très rock. Ensuite, dans le rock lui-même, on vit une évolution constante. On est partis sur cette direction??? On peut aussi dire qu???on est très exigeants sur notre manière de composer ; on espère que ça se sent, mais il y a de la recherche dans nos chansons.
Ben : C???est vrai qu???on a du mal à se satisfaire des suites d???accords banales à la Kyo??? Après, je ne dis pas non plus qu???on fait du Dream Theater, mais on essaye de dégager une originalité dans nos morceaux. Une touche personnelle, non formatée.
Julie : Et puis quand on compose, on s???imagine déjà jouer le morceau sur scène. Donc au final on a un résultat très brut, sans trop d???arrangements.

DiscoBlog : Quelles sont vos sources d’inspiration dans la musique rock ?
Julie : Pour écrire, mes sources d???inspiration, c???est les sentiments très extrêmes que les gens peuvent ressentir autant dans les drames que dans les situations de joies??? C???est vraiment les sentiments dans ces deux extrémités qui m???intéressent. Mais j???avoue que je tire sur le drame. Et la joie dans son extrémité peut être dramatique ; je parle de l???amour, le bonheur d???aimer.
Pour la musique, pas mal de pop anglaise mais je suis un peu déçue par tous les groupes qui se pointent en ce moment. On était bien tranquilles avec nos Bloc Party et nos Franz Ferdinand, même si c???est récent, mais y???a trop de petits groupes qui ont suivi cette vague. Du coup, retour aux classiques : Rammstein, Air, Radiohead??? Tiens puis cet aprem je viens d???acheter deux CD de Marylin Manson, pour les bons souvenirs et aussi pour la puissance.
Ben : Muse est sans conteste mon groupe de prédilection. Ensuite, j???ai beaucoup écouté de hard rock (AC/DC, Guns N Roses???) étant plus jeune, mais je ne suis pas certain que ça se ressente dans ma manière de jouer de la basse. J???aime beaucoup les lignes de basse funky, à la Red Hot Chili Peppers ou autre Keziah Jones. Et en ce moment, je suis dans le trip rock anglais : Bloc Party, Radiohead, Klaxons, Artic Monkeys et tous les trucs que tu entends sur MTV2, répétitifs, pas géniaux, mais tout de même assez??? différents???
Aurélie : J???écoute tout ce que les deux autres n???écoutent pas et tout ce qu???ils n???aiment pas, surtout Superbus???

Discoblog : Une nouvelle démo arrive le 29 janvier dans les bacs, avec trois titres inédits. A quoi s’attendre avec cette nouvelle galette ?
Ben : Ceux qui nous connaissaient déjà peuvent s???attendre à plus de patate, à plus de précision, de justesse aussi??? Pour ceux qui ne nous connaissent pas, tout simplement du rock
Aurélie : J???ai l???impression que ce sont les prémisses de quelque chose de nouveau??? Que ça annonce quelque chose???
Julie : On peut s???attendre à nous voir dans des festoches plus importants que ceux de l???année dernière !

DiscoBlog : Quelle est votre chanson préférée de U2 ?
Ben : Where The Streets Have No Name
Aurélie : Vraiment une question??? trop conventionnel, U2 !
Julie : J???en aime plein en fait??? juste pour l???histoire je dirais Sunday Bloody Sunday parce qu???au début je la chantais en rigolant, mais plus maintenant???

DiscoBlog : Y’a-t-il un groupe ou un artiste que vous aimeriez faire découvrir aux lecteurs de DiscoBlog ?
Julie : J???écoute que Rammstein en ce moment??? mais pour les textes, je dirai Albin de la Simone.
Aurélie : Gérald Genty.
Ben : Sur le plan international, j???aime assez ce que font the Klaxons en ce moment. Sur le plan local, j???ai récemment découvert Nomadic Lab, fusion electro/manouche ??? originale, surprenante et efficace.

photo : La Zickograf - Fanny Thevenet

L’interview… M. Ward

Mardi 24 octobre 2006

Même si je n’en ai pas encore parlé sur DiscoBlog, je peux vous garantir que Post-War, le tout dernier album de M. Ward, est l’un des joyaux pop/folk produits en 2006. Un sans faute pour cet artiste qui commence à cartonner sur la scène indépendante.
Et même s’il est discret, M. Ward a tout de même accepté de répondre à une petite interview pour DiscoBlog. Mais je vous préviens tout de suite, les questions y sont souvent plus longues que les réponses…

DiscoBlog : Où êtes-vous actuellement, pendant que vous répondez à cette interview ?
M. Ward : Dans un hôtel, en Norvège.

DiscoBlog : J’ai personnellement découvrir votre musique via le clip de Chinese Translation, qui fait actuellement un carton sur YouTube. Pourriez-vous résumer en quelques lignes l’histoire de M. Ward ?
M. Ward : Mon histoire commence avec l’achat d’un enregistreur 4 pistes à l’âge de 15 ans. Jouant avec mes chansons dans une petite pièce… Pas grand chose n’a changé.

DiscoBlog : Post-War, votre dernier album, est sorti au mois d’août. Quel est l’accueil du public et des critiques ?
M. Ward : Les gens semblent aimer ces nouveaux sons.

DicoBlog : Deux pistes m’ont vraiment marqué sur Post-War. Le premier c’est évidemment Chinese Translation. Au delà de la sagesse ancestrale chinoise, quels sont les inspirations pour cette chansons ?
M. Ward : Les cycles. Essayer de créer une chanson qui commence là où elle se termine, aussi bien au niveau de la musique que des paroles.

DiscoBlog : Hors Chinese Translation, quelles sont vos inspirations en général ?
M. Ward : Les vieux albums. Les vieilles productions. Les mauvaises imitations.

DiscoBlog : La seconde piste qui m’a marqué, c’est Neptune’s Net. Elle me rappelle le vieil Apache des Shadows dans les années 1960. Que fait une piste aussi guitare/rock/instrumental sur un album aussi soft-pop/folk que Post-War ?
M. Ward : Eh bien… c’est un monde étrange après tout…

DiscoBlog : Quel est votre chanson préférée de U2 ?
M. Ward : The Unforgettable Fire

DiscoBlog : Y’a-t-il un artiste ou un groupe que vous souhaiteriez faire découvrir aux lecteurs de DiscoBlog ?
M. Ward : John Fahey