Tout le monde a sans doute déjà vu passer l’actualité, mais elle vaut largement le coup d’être répandue sur le net encore une fois. Nine Inch Nails récidive en ce mois de mai en rendant accessible gratuitement (en échange d’une adresse mail) un nouvel album nommé The Slip. L’initiative suit de très près la sortie de Ghost I en mars dernier, mais les deux albums n’ont pas beaucoup de points communs.
Alors que Ghost I était plutôt étiqueté ambient et laissait planer une ambiance lourde dans les hauts parleurs, The Slip revient aux NiN que l’on connaît bien. Musique lourde, violente, limite industrielle… Gros gros samples, grosse batterie et guitares saturées à n’en plus finir. Une petite écoute de Head Down - extrait du jour : - devrait à la fois vous en convaincre et déboucher vos tympans si vous êtes en panne de coton-tiges. Trent Reznor gueule sur bon nombre de morceaux histoire d’être perceptible dans ce mix maëlstromique… Quelques balades se promènent aussi sur l’album (Lights In The Sky), mais en gros c’est surtout de la vraie musique lourde que les fans de Nine Inch Nails apprécieront sans doute à sa juste valeur !
Et puis, comme d’hab, le groupe prend l’initiative de rendre dispo un album inédit sur le Net. Rien que ça c’est une trop bonne nouvelle pour qu’on se passe réellement de l’écouter.
Tracklist: 1. 999,999 / 2. 1,000,000 / 3. letting you / 4. discipline / 5. echoplex / 6. head down / 7. lights in the sky / 8. corona radiata / 9. the four of us are dying / 10. demon seed
Consoler Of The Lonely est le second album du genre de super-groupe formé par Jack White et quelques-uns de ses potes : The Raconteurs. Pour la petite histoire, et parce que le marketing c’est aussi mon travail, Consoler Of The Lonely a été annoncé à la presse une semaine seulement avant sa sortie, raccourcissant ainsi drastiquement les délais de promotions d’habitude tenus par les maisons de disque. Officiellement, c’est pour fournir aux fans, le plus rapidement possible et en tenant compte des délais incompressibles de production, la nouvelle mouture du groupe. Officieusement, il est possible que Jack White ait voulu couper l’herbe sous le pied des pirates et des web-critiques et s’assurer un maximum de ventes avant que l’album ne circule sous le manteau et que trop de monde en dise du mal. Possible… Ca a en tout cas fonctionné avec moi, puisque je le critique un mois après sa sortie et que j’ai acheté l’album le jour même de sa sortie le 25 mars dernier, en même que le dernier Alain Bashung. Sont forts ces gens qui marketing !
Comme j’essayais donc de le formuler il y a tout juste un mois, The Raconteurs sont pour moi les Crosby, Stills, Nash & Young du XXIe siècle. Ca paraît totalement idiot, mais je ne suis clairement pas à une prise de position idiote près sur ce blog… Pour argumenter un truc pareil, je vais avoir besoin de détailler une grosse partie de l’album, et surtout quelques pistes-phares que je peux difficilement passer sous silence. Et forcément, je vais aussi avoir besoin de causer de CSNY et notamment du meilleur album du groupe ricain : Déjà-vu.
Sorti au tout début des années 1970, Déjà Vu est un gros concentré de talents ricains. Quelque chose d’assez planant et d’unique… Mais bizarrement, ce n’est pas la combinaison des talents de Stephen Stills, de Neil Young et des deux autres qui fait la puissance de l’album, ce serait plutôt leur juxtaposition. Ainsi, si les membres du groupe participent à chaque morceau de l’album, on sent tout de même la patte de chacun d’eux sur des morceaux bien précis, des ballades soft de Young sur Helpless aux accords country de Graham Nash sur Teach Your Children Well. Déjà Vu n’est pas un album uni, c’est une mosaïque… c’est ce qui fait sa force.
Vous l’aurez deviné, Consoler Of The Lonely n’est pas non plus un album uni, c’est aussi une grande mosaïque, même si l’identification des talents au travers des pistes est plus délicate (en dehors de Jack White, personne n’est réellement connu en Europe dans le groupe). Avant tout, pour ceux qui ne se sont pas encore précipité sur cette nouvelle production, sachez que la galette est incroyablement bonne, rock et ambitieuse. Le niveau de la production des White Stripes est incroyablement élevée, celle des Raconteurs est de tout aussi haut niveau, quoi que plus accessible. On est finalement bien obligé de comparer les deux groupes tant la personnalité de Jack White est forte.
Consoler Of The Lonely donc et une juxtaposition de talents et de pistes à-la-manière-de. On est très loin de l’album concept, mais ce n’est finalement pas si grave. Consoler Of The Lonely déchire les oreilles tout de même… Le groupe y joue successivement des morceaux proches de Black Sabbath (Consoler Of The Lonely, la piste d’entrée, mais les influences de Icky Thump, le dernier White Stripes, pouvaient laisser présager de ce genre de virage), du Yes des grandes heures (You Don’t Understand Me - extrait du jour après beaucoup d’hésitations : ), voire des tous premiers Rolling Stones (Many Shades Of Black), Bob Dylan (Carolina Drama) et une fois encore de Led Zeppelin (Rich Kid Blues), une influence naturelle et très forte chez Jack White. Un gigantesque mix de culture rock, 40 ans d’influences, dont la plus grande prouesse est d’être égale en qualité et en puissance. Et surtout en puissance, car je l’avoue, Consoler Of The Lonely est une telle tornade qu’il me fait trouver Diamond Hoo Ha, le dernier Supergrass, plutôt mou du genou. C’est dire la claque et les décibels déployées par les instruments du groupe !
En fait, s’il ne reste qu’un seul héritier au rock des seventies, ce doit être Jack White. La legacy de Clapton, Page, des Yardbirds, de Cream, de Led Zep, de Blind Faith… c’est sans doute dans les files d’attente des chômeurs de Détroit qu’elle s’incarne aujourd’hui. Le jour où Mr. White a décidé de prendre une gratte dans ses mains, il a sauvé le rock d’une mort lente et des héritiers trop mous de la brit-pop. Il a ressuscité un esprit, forcément frappeur, qui s’était endormi depuis longtemps aux US et que les années 90, malgré tout le potin qu’elles ont fait, n’ont jamais réussi à déranger…
L’esprit du rock est désormais avec nous, Jack White est son prophète ! Hallelujah mes frères !
Tracklist: 1. Consoler Of The Lonely / 2. Salute Your Solution / 3. You Don’t Understand Me / 4. Old Enough / 5. The Switch And The Spur / 6. Hold Up / 7. Top Yourself / 8. Many Shades Of Black / 9. Five On The Five / 10. Attention / 11. Pull This Blanket Off / 12. Rich Kid Blues / 13. These Stones Will Shout / 14. Carolina Drama
C’était déjà le premier extrait de l’album Pershing paru il y a un mois, c’est par la même occasion le premier clip officiel du groupe. Think I Wanna Die, par Someone Still Loves You Boris Yeltsin. Joie !
C’est le réchauffement climatique qui veut ça. 20° dehors, et hop, les dinosaures sortent de leur tanière pour se secouer les jambons. 2008 sera, encore plus que 2007, l’année des comebacks et des reformations. Alors qu’on nous rabat les oreilles avec une industrie du disque moribonde et agonisantes, les vieux artistes n’ont sans doute jamais autant pensé qu’il y avait encore des royalties à tirer et de nouveaux albums à sortir… Travailler plus pour gagner plus ? C’est juste une humeur comme ça, je ne dit pas que tous sont uniquement attirés par le gain, mais l’emballement est curieux…
Donc, dans la série la vie commence à 60 ans, ce sont les 4 tarés de The B52s qui se sont réunis l’année dernière pour réenregistrer un album. Le résultats s’appelle Funplex et est disponible dans les bacs depuis fin mars. Une véritable petite bombe…
Et pourtant, The B52s, c’était pas vraiment évident qu’ils reviennent comme ça. Fondé en 1976 après une soirée trop arrosée dans un resto chinois (ça s’invente à peine), le groupe est originaire d’Athen en Georgie. Oui. Comme R.E.M. Ca explique au passage les irruptions de Kate Pierson sur Automatic For The People de l’autre groupe. Passons… The B52’s (avec apostrophe à l’époque) n’explose réellement qu’en 1989 avec Love Shack, son hit planétaire. Pourtant sa discographie compte un nombre impressionnant de titres déjantés et graves accrocheurs (Rock Lobster, Planet Claire, Own Private Idaho…) qui doivent énormément aux voix de Kate Pierson et Cindy Wilson, respectivement la rousse et la blonde, et au phrasé haché de Fred Schneider. The B52’s, c’est une alchimie d’autant plus improbable qu’elle fonctionne parfaitement. Un petit miracle.
Plus de 30 ans après sa formation, et quelques liftings après aussi, le groupe m’épate toujours. Funplex ? Une bombe, une vraie bombe pour qui aime le groupe. C’est un peu moins inventif que la zik dans tous débuts, mais beaucoup plus festif. Ca déborde d’énergie et de rythmes qui sont un peu plus électroniques qu’avant. On est en 2008, obligé. Kate Pierson m’hallucine pour avoir gardé une telle voix à presque 60 balais, et Fred Schneider est toujours aussi taré dans ses speechs. Et l’album est bourré de références cachées à la pop-culture. Les clips aussi sont toujours aussi barrés :
Après, bien sûr, on aime ou on n’aime pas. Le moins que l’on puisse dire c’est en tout cas que l’album ne surprend pas : du B52s tout craché. Moi, j’adore… yeah !
Tracklist: 1. Pump / 2. Hot Corner / 3. Ultraviolet / 4. Juliet of the Spirits / 5. Funplex / 6. Eyes Wide Open / 7. Love in the Year 3000 / 8. Deviant Ingredient / 9. Too Much to Think About / 10. Dancing Now / 11. Keep This Party Going
Yeah. J’ai reçu hier, en pré-commande et en avant première, le tout nouveau deuxième album de Someone Still Loves You Boris Yeltsin. Il s’appelle Pershing, je l’avais déjà annoncé dans cette colonne… mais cette fois c’est du tangible. Grave.
Un mot d’abord sur la pré-commande. Elle arrive droit des States dans une grosse enveloppe avec poster, autocollants, carte de téléchargement de 3 morceaux exclusifs et surtout un badge métallique portant le nom de Someone Still Loves You Boris Yeltsin en cyrillique. Yeah. je me sens comme un gosse avec tout ça. Depuis le temps que j’attendais l’album.
Yep, faut dire que c’est une grande histoire d’amour entre moi et le groupe. Découvert en 2005 avec leur premier album Broom, Someone Still Loves You Boris Yeltsin tourne régulièrement aux USA et diffuse assez régulièrement quelques morceaux sur le Net. C’est pop, indépendant et frais… franchement loin des machines glauques New-Yorkaise, c’est pour moi un groupe qui fait du bien à la scène américaine.
Normal du coup que j’attendis Pershing avec tant d’impatience. Ca fait 3 ans que SSLYBY cherche à la fois un label et l’occasion de sortir un nouvel album… Et le plus fort, c’est qu’après avoir fait tourner le CD une bonne partie de la matinée, je ne suis même pas déçu. Du tout. La magie du premier album est intacte pour moi, aussi incroyable que ça puisse paraître. Pershing joue énormément sur les couches de voix et sur les guitares fines, à la manière du Kiss Me Kiss Me Kiss Me ou un Wish (mais moins) de The Cure - la plus belle relation que je puisse trouver. En moins sombre quand même, mais c’est vrai que le côté pop des orchestrations est proche. Think I Wanna Die, premier extrait diffusé, m’avais déjà convaincu par sa fougue, tout l’album suit ce trip. Ecoutez Boring Mountain par exemple - extrait du jour : - c’est pop, léger et ça évite l’écueil de la surf-musique et du revival Beach Boys, pourtant si proche. Tout l’album suit, allègrement… et rare sont les groupes capables aujourd’hui d’avoir cette ligne claire. On verra ce qu’en dit JP, mais je peux difficilement ne pas rapprocher ce son pop ricain de ce qu’à produit PolarSun sur The Magic of Crashing Lights. C’est de la même eau. C’est sans doute pour ça que j’aime autant les deux formations…
A noter, pour l’anecdote et pour les fans-fans, que You Could Write A Book était déjà présent avec une orchestration légèrement différente sur Gwyn and Grace, le tout premier EP du groupe épuisé depuis perpète. Sympa de ressortir des pistes pour ceux qui les ont loupées. Pershing sort officiellement le 8 avril, dans quelques jours seulement. Si vous avez l’occasion de le faire venir des US, franchement ne vous en privez pas ! C’est une petite perle.
Tracklist: 1. Glue Girls / 2. Boring Fountain / 3. Dead Right / 4. The Beach Song / 5. Modern Mystery / 6. Some Constellation / 7. Think I Wanna Die / 8. You Could Write A Book / 9. Oceanographer / 10. HEERS / 11. Doris Tailspin (Boring Mountain)
On reste dans l’électro. Le prochain album de Portishead (nommé Third) sortira à la fin du mois d’avril et tous ceux qui ont eu la chance de l’entendre en disent énormément de bien. En attendant de tous se réjouir, le clip du premier single, Machine Gun, a été dévoilé il y a deux jours sur le net. Ca fait frissonner.
Pour les véritables cinglés, une édition collector du prochain album est déjà disponible en précommande sur le site du groupe. Elle comprend deux vinyles, un bouquin et une clé USB comprenant album et vidéos, mais bourrée de DRM. 40£ pour la totale…
SXSW, ou South by South-West est un gros gros festival de rock indépendant américain qui se tient tous les ans à Austin, au Texas, depuis 1987… D’ailleurs, c’est en ce moment que ça se passe. Là, depuis deux jours…
On y trouve de tout… du très gros comme R.E.M. ou Coldplay, au plus petit groupe indépendant US comme Someone Still Loves You Boris Yeltsin…
Comme on vit en plein dans l’ère de l’Internet et de la vidéo, pas mal d’extraits de mauvaise qualité traînent sur la Toile. Seuls quelques groupes un peu sérieux filment leur prestation d’une manière à peu près professionnelle. Comme par exemple The Teenage Prayers, groupe rock-indie de New-York. 15 minutes sur une des petites scènes du festival, ça donne ça :
C’est pas la grosse claque, mais ils sont sympathiques tout plein ces petits ricains à s’agiter sur leurs micros et leurs grattes. Ca détend…