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Archives de la catégorie Blues

Son House est un dieu, Martin Scorsese son prophète

Mercredi 1 octobre 2008

La collection d’albums sortie sous la houlette de Martin Scorcese en 2004 est sans aucun doute la meilleure façon de s’initier au vrai Blues pour tous les malheureux petits blancs que nous sommes. Nous qui ne sommes pas nés avec les eaux boueuses du Delta dans les veines et des fourmis dans les chaussures deux-tons.

Cette collection offre, entre autre, l’immense avantage de dresser un panorama de plus de 70 ans de musique black américaine avec des artistes pas tous aussi blacks que ça. On y trouve en vrac B.B. King, Bessie Smith, Muddy Waters, Jimi Hendrix, mais aussi Taj Mahal, Eric Clapton, The Allman Brothers Band ou encore Steevie Ray Vaughan. Je l’avais dit, pas que des noirs. On y trouve surtout deux géants, les deux mythes fondateurs que sont Robert Johnson et Son House.

Le premier, selon la légende, aurait vendu son âme au diable, à quelques mètres des eaux boueuses du fleuve, afin de devenir le meilleur guitariste de tous les temps. Pari amplement réussi si on considère simplement la centaine de musicos qui se réclame de lui. Eric Clapton en tête. Robert Johnson a également inauguré le club des 27, cette liste d’artistes morts dans la fleur de l’âge (27 ans) mais qui ont marqué à jamais l’histoire de la musique. Bien avant Jim Morisson, Janis Joplin ou Brian Jones, Johnson s’est fait butter à un carrefour par un mari jaloux. Sur une vie de légende pareille, on ne pouvait bâtir qu’une immense musique…

Son House, lui, aura eu une vie bien plus calme. A 85 ans, en 1988, il était encore là pour défendre sa propre légende. Pour dire fièrement à tous les petits minots chevelus un truc du genre Cette musique que vous jouez, c’est moi qui l’ai inventée, il y a des décennies dans la poussière du Sud. Y’a pas tant d’artistes que ça qui peuvent se vanter d’une telle influence, et surtout pas beaucoup d’artistes qui ne sont pas des musiciens de Blues.

J’exagère ? A peine. Prenez un classique comme John The Revelator - premier extrait du jour : - éternellement repris et source d’inspiration jusqu’à Depeche Mode (avec une piste presque homonyme sur Playing The Angel). Trouvez-moi une seule version de ce morceau qui ait autant de patate, d’épaisseur, d’histoire, de classe. C’est un défi, les commentaires sont ouverts.

Autre exemple ? L’incroyable Death Letter Blues - deuxième extrait du jour, je vous gâte : - que les plus curieux retrouveront sur le De Stijl des White Stripes. Autant la version de Jack & Meg White est électrique et électrisante, autant Son House avec ce morceau fait réellement frissonner. Tout ça me fait penser que le blues reste aujourd’hui la seule musique qui ait encore une âme. Et Robert Johnson a décidément très bien fait de la vendre au diable.

Pour information, la superbe photo qui sert d’en-tête à ce billet est un portrait de Son House signée Giuseppe Pino et daté de 1970… Une photo qui est un monument d’émotion, tout comme la musique du bonhomme. Vous pouvez admirer ce portrait dans son intégralité sur Flickr, la plateforme de partage de photos de Yahoo!.

PS : La brève du jour concerne Oasis, le groupe emblématique de la Brit-pop. Son 7ème album s’appelle Dig Out Your Soul, sortira le 6 octobre et devrait être en écoute d’ici quelques minutes sur le MySpace du groupe.

Martin Scorsese presents Son House.jpgTracklist: 1. My black mama, pt.1 / 2. Preachin’ blues, pt.1 / 3. Dry spell blues, pt.1 / 4. Levee camp blues / 5. Walking blues / 6. Special rider blues / 7. Pony blues / 8. Death letter / 9. Pearline / 10. John the revelator / 11. Preachin’ blues / 12. Empire state express / 13. Levee camp moan / 14. Grinnin’ in your face

[clip] Melody Gardot - Worrisome Heart

Vendredi 2 mai 2008

On parlait de Melody Gardot et de son premier album, Worrisome Heart, il y a quelques jours sur DiscoBlog. Je ne résiste pas, en cette veille de week-end, à partager avec vous le clip du premier single de l’album, Worrisome Heart justement. C’est beau, juste et fin. Bonheur…

PS : DiscoBlog dégringole de la 7e à la 12e place du classement Wikio musique pour le mois d’avril. Bah alors ? Ils sont où mes lecteurs ?

Visiter le site officiel de Melody Gardot.
Acheter Worrisome Heart sur Amazon France.

[free] Greg Ginn & The Taylor Texas Corrugators - Bent Edge

Jeudi 27 mars 2008

Musique gratuite, un peu folk, un peu jazz, un peu tout…
Greg Ginn est assez connu dans le monde de la gratte, notamment pour avoir donné le rythme au groupe punk gravement énervé Black Flag à la fin des années 1970. Depuis, il s’est un peu rangé des vélos et promène sa guitare un peu partout dans le monde, pour le plaisir de jouer.

En ce début d’année 2008, son plaisir de jouer prend justement la forme de trois albums disponibles en téléchargement gratuit. Un premier nommé Gone, clairement énervé et grave punk. Un second, Under The Willow Tree, réalisé au sein du groupe Mojak et qui penche complètement du côté du ska et des délires cuivrés… Et un troisième qui retient toute mon attention…

Bent Edge donc, disponible lui aussi au téléchargement gratuit, a été réalisé avec les musiciens de The Taylor Texas Corrugators et sonne comme une petite perle de jazz/blues instrumental. Bien entendu, une place de choix est laissée à la guitare de Greg Ginn, mais chacune des pistes est bien équilibrée et donne sa chance à tous les instruments. Au final, ça sonne un peu comme un cave jazzy de Saint-Germain-des-Près, avec quelques watts en plus. Et on est très loin du Black Flag d’origine. Pour vous convaincre, Long Ago And Far Away en extrait du jour : .

15 pistes, disponibles d’un seul clic, et toutes aussi zen que ça. Hop, dans la playlist.

Greg Ginn & The Taylor Texas Corrugators - Bent EdgeTracklist: 1. Funky Mallard / 2. Devine Proportions / 3. Long Ago And Far Away / 4. New Zeal / 5. Floor It! / 6. Tending the Garden / 7. Gang Tackle / 8. Absurd Explanation / 9. Fuel / 10. Ignite the Stage / 11. Feeding the Ducks / 12. Potato Tacos / 13. Hot Tin Roof / 14. Top Cat / 15. Munching Phi

Télécharger gratuitement Bent Edge.
Télécharger gratuitement Gone.
Télécharger gratuitement Under The Willow Tree.
Visiter le sie de SST Records, le label de Greg Ginn .

AC/DC - Stiff Upper Lip

Mercredi 16 janvier 2008

AC/DC - Stiff Upper Lip

L’album de la renaissance. Véritablement. Je me souviens très bien qu’à sa sortie, AC/DC était avant tout considéré comme un groupe ringard et un poil beauf… et que miracle, après quelques tours de platines, AC/DC redevenait une légende, un rock, le genre de groupe qui a marqué l’histoire et qui sera pour toujours au panthéon de la musique moderne. Même les inrocks s’y étaient mis… Comme quoi, il y a de ces revirements des fois…
Et je suis bien obligé d’admettre que moi aussi je l’ai fait mon mea culpa sur AC/DC. Highway To Hell me gavait, et AC/DC me semblait primaire et primitif. C’était vraiment pas la peine que je m’y intéresse, franchement… J’ai mis pas mal de temps à changer d’avis, surtout en fait en m’éloignant des sempiternelles rengaines du groupe et en me penchant sur ses racines blusies : Whole Lotta Rosie, The Jack… C’est avec de tels morceaux que j’ai réellement commencé à apprécier AC/DC, et à l’inclure de plus en plus à ma playlist. Aujourd’hui, je suis fan et convaincu…

Du blues ? Yep, du blues… plus j’écoute et plus j’en suis convaincu aussi. Je reviens toujours à mon billet sur Let There Be Rock, ce summum du groupe avec Back In Black. Et j’insiste encore aujourd’hui en parlant de Stiff Upper Lip. Si cet album était celui de la renaissance et du retour en grâce pour les australiens, ce n’est pas un hasard. C’est avant tout parce que c’est l’album du retour aux racines, aux lignes crasseuses, et aux accords qui fleurent bon la boue et le Mississippi. Comme The White Stripes, exactement !

Pas très difficile à prouver : Meltdown extrait du jour : . Dès les premières pincées de corde, on est loin du hard-rock… on nage ici en plein blues : finalement assez peu de riff, pas de solo de guitare monstrueux… juste quelques accords pliés par Angus Young au milieu de la piste… Meltdown est un morceau assez sage dans la discographie d’AC/DC. Mais ce putain de rythme binaire. Rha. Batterie et basse qui ne forment qu’une ligne de fond… Elle est là aussi la magie d’AC/DC… aussi bien que dans le costume d’écolier d’Angus ou dans la voix de taré de Brian Johnson. Une alchimie je vous dis !

L’album regorge de ces exemples. Hold Me Back est flagrant. Come And Get It, sous quelques habillages bizarres, n’est également rien d’autre qu’un gros morceau de blues. House Of Jazz ou Satellite Blues sonnent plus rock, mais tirent en gros sur les mêmes ficelles. Can’t Stand Still toque du côté de The Who, indéniablement, mais rejoint le tronc commun dans le rythme et l’esprit. Le morceau le moins blues de l’album, c’est sans doute Safe In New York City… Et encore. Mais on touche là à la légende. Un single interdit sur toutes les ondes américaines après les attentats du 11 septembre, un monument de subversion, dans la droite lignée du Highway To Hell que j’arrive enfin aujourd’hui à digérer. Moins fou, mais combien plus puissant.

Quand je vois les groupes vieillissant qui ont un mal de chien à aligner deux albums corrects, et quand j’écoute Stiff Upper Lip… je me dis que si Dieu a l’oreille musicale, il s’est peut-être plus souvent penché sur l’Australie qu’ailleurs !

Tracklist: 1. Stiff Upper Lip / 2. Meltdown / 3. House Of Jazz / 4. Hold Me Back / 5. Safe In Ny City / 6. Can’t Stand Still / 7. Can’t stop Rock’N Roll / 8. Satellite Blues / 9. Damned / 10. Come And Get It / 11. All Screwed Up / 12. Give It Up

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