A l’heure où Florent Pagny sort un album de reprises de Jacques Brel.
A l’heure où Vincent Delerm sort un album de duos nommé Favorite Songs piochant çà et là dans la chanson française.
A l’heure où l’on fête les 10 ans de la disparition de Barbara pour vendre les albums de La Grande Sophie.
A l’heure où la chanson française perd dangereusement de son inspiration pour rendre des hommages à tout va…
N’oublions pas que Brel c’était ça : “Un poète lyrique, c’est quelqu’un qui chante si fort que si on ne voit pas son coeur, on doit au moins voir ses dents.”
Bon sang de bonsoir, qu’il est dur de trouver du temps pour DiscoBlog ces jours ci. Je le regrette, croyez-le bien… mais c’est ainsi. D’un autre côté, vous laisser plus d’une semaine avec du Supergrass, j’aurais réellement pu faire pire que ça…
Hop, on y retourne ! K’s Choice a été la figure de proue d’un certain rock belge, le révélateur pour le public français que quelque chose d’autre qu’Adamo et qu’Annie Cordy existait au pays des Speculoos. Pendant près de 10 ans, Sarah bettens et son frère, accompagnés de quelques autres groupes comme Venus ou dEUS, ont mené la scène belge à la conquête des charts internationaux…
Le groupe se sépare doucement au début des années 2000 après 4 albums rock et beaux, un live et un best of final sobrement intitulé 10 years. A noter aussi la belle notoriété US de K’s Choice qui ira jusqu’à signer un morceau dans la série Buffy The Vampire Slayer : Virgin State Of Mind.
Mais la musique, on ne la quitte pas comme ça. Surtout quand on s’appelle Sarah Bettens et qu’on a été l’âme du groupe pendant plus de 10 ans, des démos flammandes à la gloire internationale. En 2003, Sarah, toujours avec l’aide de son frère, sort son premier album solo : Scream. 13 pistes dans la même veine que Cocoon Crash ou Paradise In Me. Sarah Bettens était l’âme même du groupe, elle n’a pas changé de personnalité pour sortir son album solo… les sonorités, et à plus forte raison la voix, sont les mêmes… toujours aussi bonnes quoi qu’un peu moins rock même si les premières pistes de l’album se défendent.
C’est sur le duo de fin (Don’T Let Me Drag You Down et I’M Okay - extrait du jour : ) qu’on s’en rend le mieux compte. Des ballades qui rappellent les Winners ou My Heart de K’s Choice. La même sensibilité et la même musique. Toujours aussi agréable.
Tracklist: 1. Scream / 2. Stay / 3. Come Over Here / 4. Not Insane / 5. Turn Around / 6. Don’T Stop / 7. Go / 8. Fine / 9. One Second / 10. Sister / 11. She Says / 12. Don’T Let Me Drag You Down / 13. I’M Okay
Déjà Février. DiscoBlog devient donc non fumeur à partir d’aujourd’hui.
Cela fait déjà quelques jours que je me pose la question… et j’ai pris ma décision hier. Bande de veinards ! Aujourd’hui, vous avez droit à un bootleg complet rien que pour vous.
Ce Concert d’un Soir, enregistré sur et pour RTL le 6 mars 1999 permet de retrouver le groupe belge K’s Choice au mieux de sa forme. Juste après la sortie de Cocoon Crash et avant la publication de leur quatrième album (Almost Happy). Le concert regroupe à la fois des morceaux très connus : If You’re Not Scared, le single qui tournait en boucle à l’époque, mais aussi Not An Addict, Believe ou The Ballad Of Lea And Paul qui a marqué le début de reconnaissance du groupe en France. Ceux qui écoutaient Europe 2 (en direct de la bulle UGC) sur Lille en 1995 s’en souviendront bien.
Quelques morceaux moins connus aussi, mais d’une beauté rare (My Heart, issu du premier album du groupe) et surtout une superbe reprise du When Tomorrow Comes de Eurythmics.
Bref, presqu’une heure d’un live à la fois acoustique et électrique. Que j’ai un immense plaisir à partager ici.
Enjoy !
Tracklist: 1. A Sound That Only You Can Hear / 2. Cocoon Crash / 3. In Your Room / 4. Butterflies Instead / 5. If You re Not Scared / 6. Too Many Happy Faces / 7. When Tomorrow Comes / 8. The Ballad Of Lea And Paul / 9. Paradise In Me / 10. Believe / 11. My Heart / 12. Not An Addict / 13. Winners / 14. Breakfast
MisterCham parlait déjà de la pop éclairée de Novastar sur son blog en avril dernier. J’ai mis plus de temps que lui pour réellement m’imprégner de toute la finesse d’Another Lonely Soul.
Pourtant, je suis convaincu par avance de l’efficacité de la pop d’outre-Quiévrain. dEUS, K’s Choice, Venus, tous ces groupes ont installé une sacrée réputation pour tous les musiciens et compositeurs du plat pays. Dépensant une énergie et un talent auxquels peu d’aussi petits pays peuvent prétendre. Alors pourquoi pas Novastar ? Pourquoi pas sur le même coup de coeur rapide et foudroyant ?
Sans doute parce qu’Another Lonely Soul est plus difficile à apprivoiser. Plus tortueux et plus complexe dans son inspiration que les déferlantes rock des autres groupes, Novastar tape pourtant très haut. Dans une sorte de mariage improbable d’un Sting très eighties, d’un U2 (engin, surtout d’un Bono) bien actuel et d’un R.E.M. totalement intemporel. Trois piliers incontournables de la scène rock de ces 25 dernières années qui cohabiteraient avec grâce sur les accords de guitare et de piano du groupe belge. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce mélange pourtant mainstream donne un album léger, et terriblement original, sur lequel passe parfois un souffle d’inentendu (Never Back Down, extrait du jour : ). Une pop fraiche et surprenante. Celle que les groupes belges ont tant de facilité à nous vendre.
A Knokke, le rock fera bientôt partie des cartes postales tant il semble être une spécialité locale !
Tracklist: 1. Wrong / 2. Lend Me Love / 3. Never Back Down / 4. Rome / 5. Faith / 6. When The Lights Go Down On The Broken Hearted / 7. Lost Out Over You / 8. Ask For The The Moon / 9. This Is A Raod To Nowhere / 10. Don’T Ever Let It Get You Down / 11. Still Learning To Fly
Figure emblématique du rock belge au tournant du millénaire, avec entre autres K’s Choice et Venus, dEUS a fait tourner Instant Street sur la plupart des radios d’Europe. Provoquant une vague de sympathie pour les musiciens d’outre-Quévrain sans précédent depuis, disons, Adamo et Johnny Halliday.
Modèle type d’air pop, en pleine période de renouveau du genre, Instant Street est un peu construit à la manière du A Day In A Life des Beatles. Une ritournelle simple, voire simplissime, et surtout entêtante, qui hypnotise la platine jusqu’à son explosion finale, sa deconstruction totale. Un peu sur les traces de certains morceaux du O.K. Computer de Radiohead. Un peu.
Pourtant, même si Instant Street est toujours quelque part l’hymne d’une génération, d’une période vénérée par les Inrocks et pierre angulaire d’une certaine culture musicale Bobo, Instant Street donc n’est pas réellement représentatif du travail musical de dEUS sur The Ideal Crash. A écouter l’album dans son intégralité, Instant Street serait plutôt l’exception, le morceau sage, dans un album qui tire bien plus loin qu’il n’y paraît. The Ideal Crash est en fait un hybride. Une sorte d’expérience génétique issue du croisement des influences rocks estampillées nineties et de l’héritage de la scène trip-hop qui achève sa totale explosion au moment où sort l’album. Rock, définitivement, par son instrumentation - difficile de trouver des guitares plus riffées et maltraitées dans la pop belge que sur Everybody’s Weird ou Put The Freaks Up Front… - ce sont pourtant des rythmes et des boîtes electros qui cimentent l’ensemble de l’album comme sur Sister Dew (le plus doux, extrait du jour : ), One Advice, Space ou encore The Ideal Crash. Des morceaux, qui pour certains pourraient être dignes du Dummy de Portishead ou du Protection de Massive Attack, voix féminines en moins bien entendu !
Mix d’influences donc, mais mix finalement parfait. Dans un genre qu’on pourrait presque qualifié de post-pop si l’on osait réellement. dEUS tient là le haut du panier, devant des groupes comme Day One totalement oubliés depuis, et pourtant loin d’être moins méritants.
Plus rock qu’il n’y paraît
Moins pop aussi peut-être…
A ranger au chaud, dans la discographie idéale des années 1990 en tout cas…
Tracklist: 1. Put The Freaks Up Front / 2. Sister Dew / 3. One Advice, Space / 4. The Magic Hour / 5. The Ideal Crash / 6. Instant Street / 7. Magdalena / 8. Everybody’s Weird / 9. Let’s See Who Goes Down First / 10. Dream Sequence N 1