Beirut - Gulag Orkestar
Vendredi 28 septembre 2007Avec quasiment 18 mois de retard, voilà que l’album de l’année 2006 touche enfin mes oreilles. Mais c’est finalement toujours la même histoire. Beirut a fait tellement de ramdam dans la blogosphère, aussi bien américaine que française, que ça m’a un peu refroidi d’aller écouter de quoi il retournait. Une appréhension de la foule quelque part, un snobisme musical si on veut… et pourtant, Dieu sait que la blogosphère musicale peut déjà être snobe, alors snober les snobs, je n’ose imaginer… Ventre-saint-gris !
Quoi qu’il en soit, j’ai finalement succombé à Beirut. Il y a quelques jours, après un harcèlement dans les formes de Gilles, lui aussi convaincu de la grandeur de sa cause. Je porte désormais le flambeau avec d’autres et clame haut et fort que Beirut est bien entendu le seul groupe dans le paysage musical actuel à pouvoir à la fois concilier le vieux et le nouveaux mondes et sauver notre univers de la médiocrité ambiante. Snob encore ? Oui. Et assumé. Simplement parce que tout le fond du problème est là, dans le snobisme.
Le snobisme de ne pas écouter Beirut et son Gulag Orkestar s’est mué en un snobisme prompt à prêcher Beirut dans les étendues numériques. Aussi lui que portera mon flux RSS.
Mais musicalement, il ressemble à quoi ce sauveur ?
Beirut, c’est un groupe américain, originaire de Santa-Fe dans le Nouveau-Mexique, et dirigé par Zach Condon. Du coup, vous allez me dire “encore de la folk ?”, dans le style de Bright Eyes ou d’un Matt Ward ?
Non !
Trois fois Non !
Vous aimez les images ? En voici une : Beirut n’est rien d’autre que la rencontre parfaite que Yann Tiersen et d’Emir Kusturica. (snob). La pléiade d’instruments joués sur Gulag Orkestar, ukulélé et accordéon compris, font pencher la balance du coté d’Amélie from Montmartre et de la musique rennaise. Les chœurs omniprésents et les rythmes slaves rappellent les superbes orchestrations du Temps des gitans ou d’Underground. Le cocktail prend avec une aisance incroyable. Et si certains morceaux low-fi donnent un côté un peu trop facile à l’album (Rhineland (Heartland) et Scenic World), gardez en tête le Gulag Orkestar d’ouverture - extrait du jour : - ou les pépites que sont Brandenburg, Postcards from Italy ou le Tiersennien Mount Wroclai (Idle Days). C’est un bonheur infini. Une mine d’invention, d’inspiration, d’originalité. Un ciel bleu dans la crasse musicale dont nous abreuvent les télés et les radios. Un trou dans les fils barbelés du goulag.
Dieu existe !
Laissez-moi…
Je retourne écouter cette merveille.
Tracklist: 1. Gulag Orkestar / 2. Prenzlauerberg / 3. Brandenburg / 4. Postcards from Italy / 5. Mount Wroclai (Idle Days) / 6. Rhineland (Heartland) / 7. Scenic World / 8. Bratislava / 9. Bunker / 10. Canals of Our City / 11. After the Curtain
Acheter Gulag Orkestar sur Amazon France.
Visiter le site officiel de Beirut.










