[album] Arnaud le Gouëfflec & L’Orchestre Préhistorique - A Dreuze

J’ai reçu cet album bizarre d’Arnaud le Gouëfflec & L’Orchestre Préhistorique à un moment où j’avais trop de trucs dans la tronche pour y prêter réellement attention. Arnaud le Gouëfflec & L’Orchestre Préhistorique… déjà avec un nom d’artiste aussi barré, ça allait forcément être tout ou rien. Breton, forcément un peu poète, et peut-être pas musicalement au top. C’est le genre d’a priori qui peut trainer dans ma caboche au moment de déballer un truc pareil. Un nom de scène ça trimbale forcément son paquet de clichés. Difficile d’y échapper, je suis aussi un homme de clichés.
J’ai donc pris aujourd’hui tout mon temps pour découvrir A Dreuze, cette galette bizarre, mais finalement assez attachante. Je ne sais plus quelle zine en ligne a qualifié cet album de concentré de ce que la scène underground française a de plus intéressant (j’oublie les guillemets parce que la citation est loin d’être exacte). Comme toutes les critiques, tout cela semble un peu exagéré. Mais c’est sans doute un concentré d’une certaine scène française.
Pas la plus visible, mais peut-être l’une des plus attirantes. Arnaud le Gouëfflec, dès les premières mesures de A Dreuze, me renvoie deux références dans la tronche : ce gigantesque pilier de la scène française qu’étaient Les Objets au début des années 1990 (Qui est qui ?, introuvable aujourd’hui et dont j’avais causé trop brièvement au début de DiscoBlog…) et un autre oublié aujourd’hui du nom de Xavier Milton Edouard (site officiel ici, il a fait du chemin depuis) qui avait brillé l’espace de quelques semaines avec un somptueux Il Fait Novembre et un album du même calibre. Coup de coeur commandé très vite en 1998 au disquaire du coin, trop vite revendu contre n’importe quoi. J’avais adoré… faut absolument que je retrouve ça et que j’y replonge.
Ces références, et ces comparaisons, ne diront pas grand chose aux lecteurs de DiscoBlog, mais Arnaud le Gouëfflec vogue sur les mêmes eaux. Une certaine idée de la scène française, pas forcément énervée comme Alister, mais forcément classe et digne héritière des Gainsbourg, des Nino Ferer et des autres fanfarons de leurs espèces. Un peu de la poésie de Kent aussi… Sur des musiques simples, à base de gratte surtout. D’ailleurs, l’Orchestre Préhistorique qui accompagne les élucubrations d’Arnaud, regroupe pas mal de zikos et la très belle voix féminine de Marion Gwen qu’on retrouve entre autre sur Poupée :
Elle est là, la chanson française - pardon, la SCENE française - que j’aime. Inventive et poétique !
PS : Petit coup de coeur après trop de silence et trop de prises de tête. Ceux qui me supportent au quotidien savent que bon, voilà… J’en profite pour communiquer à tous ceux qui ont pu m’envoyer liens et ziks ces derniers temps que je n’oublie rien… je dépile juste tout doucement.
Tracklist: 1. J’ai Abusé Du Vol Astral / 2. Faust / 3. Poupée / 4. Fantômas / 5. Perdu Pour La Science / 6. Joufflu / 7. L’Entracte / 8. Tête De Clou / 9. Poupées Russes / 10. A Dreuze / 11. Dans Le Delta Obscur Du Beau Danube Bleu / 12. Les Enseignements De Ramakrishna / 13. Le Merveilleux Chou Chantant / 14. Tourniquet / 15. Piste Cachée
L’Eglise de la Petite Folie, le site officiel d’Arnaud le Gouëfflec.
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