[album] Alain Bashung - Bleu Pétrole

Je l’avais dit hier. Et malgré les réticences affichées de certains qui se reconnaitront, j’étais à la FNAC ce midi même pour me mettre dans les oreilles les notes du dernier Alain Bashung le jour même de sa sortie. Depuis le temps que je l’attends ce nouvel opus et son soit disant retour à la musique.
Le moins que je puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu. Pour un retour à la musique, Alain Bashung signe là un album plus grand, même si moins symphonique que Fantaisie Militaire, et moins pop que Chatterton (tient, cela fait deux mois que ma chronique de Chatterton est en chantier au passage, il va falloir que je me décide à la sortir…). Bleu Pétrole tape sur des mélodies un peu plus simples, peut-être plus acoustiques - encore que. Mais des mélodies sont simples et accrocheuses et cela fait maintenant 3 heures que je n’ai pu m’enlever les rythmes de Résidents de la République de la tête. Preuve, s’il en était besoin, d’un retour aux mélodies fortes.
Et les textes ? Bashung, c’est avant tout des textes… Le passage de Gaëtan Roussel fait peur à plus d’un. Le côté insupportable de Louise Attaque, cette musique de jeune qui a baigné une génération et énervé les autres par la même occasion. Eh bien, aussi surprenant que cela puisse paraître, ça se passe très bien. Bashung a sa patte, sa façon d’utiliser les textes et de les malaxer pour se les approprier. C’est terrible, qu’importe ce qu’il chante, cela devient du Bashung. Les textes de Roussel se coulent dans le moule et deviennent la propriété du maître, on n’y entend que du feu.
Mais, avec ses 9 minutes de description hallucinée et divine de l’humanité, Comme un Lego est sans doute là le plus beau texte de l’album. Mais lui, il est signé Gérard Manset. Je le caserai bien en extrait du jour, mais merde, l’album entier est bon. L’un des meilleurs crus de Bashung. 2008, putain de millésime… Alors soyez curieux, achetez-le !
Deux bémols pour moi. La reprise du Suzanne de Leonard Cohen, si elle est originale, ne provoque pas un enthousiasme démesuré. Ce n’est pas forcément l’interprétation de Bashung qui est cause, plutôt la traduction et le fait que la langue française semble mal se prêter aux ballades canadiennes. Bizarrement. Pour moi la mayonnaise ne prend pas sur ce morceau. Et puis le Solitaire de Manset. Je vais en faire pâlir beaucoup, mais ce Manset là m’emmerde. Bashung redonne un peu de pèche au morceau mais ne sauve pas la mise pour moi. Il faut bien être réellement critique de temps en temps.
Mais bon sang, hors ces deux pistes, qu’est ce que Bleu Pétrole est beau. Qu’est-ce qu’il revient sur le Bashung que j’aime, celui qui signait l’album des 20 ans des victoires avec Fantaisie Militaire ! Il ne s’est pas trompé en choisissant le titre de son album : c’est de l’or noir !
PS : L’édition limitée, sous forme de petit livre, n’apporte pas grand chose au problème à part un DVD contenant la session acoustique dont je vous diffusais un extrait hier. Mais elle est réellement de toute beauté, l’édition…
Tracklist: 1. Je t’ai manqué / 2. Résidents de la République / 3. Tant de nuits / 4. Hier à Sousse / 5. Vénus / 6. Comme un lego / 7. Sur un trapèze / 8. Je tuerai la pianiste / 9. Suzanne / 10. Le secret des banquises / 11. Il voyage en solitaire
Visiter le site officiel d’Alain Bashung.
Acheter Bleu Pétrole sur Amazon France.
Acheter Bleu Pétrole en très belle édition CD+DVD limitée sur Amazon France.










mars 31st, 2008 09:16
J’ai finalement craqué pour l’édition limitée :)
Les craintes que j’avais se confirment.
Le dernier Bashung est aux antipodes de L’imprudence. L’imprudence etait d”une noirceur et d’un profondeur que Bleu petrole n’approche que très rarement. La dernière fois qu’on a entendu antant de guitares acoustiques et de chansons directes dans un Bashung, c’est dans Osez Josephine, et encore…
Je trouve que Gaetan Roussel s’en sort pas trop mal pour les textes “à la Bashung - light”, par contre niveau musical je reste dubitatif. Les deux reprises tombent un peu à plat. Et Manset frise la correctionnelle avec ses 9 minutes de Comme Un Lego. Ce Bleu Petrole semble rester à la surface et ne jamais proposer de lectures en profondeur. J’ai l’impression d’en avoir fait le tour en 3 écoutes, alors que l’Imprudence, Fantaisies Militaires ou Chatterton se révélaient au fur et à mesure. Un album pas désagréable, mais qui ne restera pas parmis les meilleurs à mon sens.