J’en parlais en juin 2006, les danois de Figurines figurent parmi les groupes les plus imaginatifs de la scène européenne indépendante. Très rock par moment, comme beaucoup de groupes nordiques, ils savent également se faire acoustiques et jouer de belles ballades illustrées par de superbes clips. Un peu comme je parlais de The Sheds hier. Back In The Day est toujours issu de leur dernier album - Skeleton - est sonne comme une brillante réussite. C’est mercredi, c’est vidéo !
Originaires de Cincinnati dans l’Ohio, The Sheds rassemblent tout ce que j’aime dans la scène indépendante US. Ce gigantesque brassage folk/pop/rock pleinement assumé qui donne à sa musique un goût d’ailleurs, c’est ce qui m’avait déjà bluffé à la découverte de Someone Still Loves You Boris Yeltsin. Le sentiment à la découverte de The Sheds est grosso-modo le même. L’émerveillement est quasi enfantin… j’aurais sans doute réagi de la même façon si j’avais été en âge d’écouter du R.E.M. à la sortie de Murmur au lieu de passer mes soirées devant le Village dans les nuages. Mais comme ma soeur me l’a déjà fait remarqué, mieux vaut dans ce cas arriver trop tard que partir trop tôt. Comprenne qui veut.
Donc. The Sheds est un énorme brassage. On y retrouve en vrac les accords vocaux des Pixies dans leurs meilleurs moments, la voix enrouée de Kurt Cobain, parfois la voix insoutenable de Morrissey (arg, The World Is Changing) - oui, The Sheds comptent deux chanteurs - et aussi une sérieuse influence folk/psyché.
Et puis ce morceau d’ouverture, All The Right Things - extrait du jour : - lance définitivement les perches du côté de R.E.M., la racine principale de toute la musique indépendante américaine. On a encore du mal à le reconnaître aujourd’hui, mais c’est incroyable tout ce que la musique ricaine doit à R.E.M. et à Michael Stipe, c’est peut être le groupe qui a eu le plus d’influences sur la scène rock US ces 25 dernières années, allez, avec Sonic Youth et les Pixies. Encore que.
Ici pourtant, la filiation est plus qu’évidente. Il n’y a que 10 heures de route d’Athens à Cincinnatti, une distance des plus courtes pour un accord de guitare. The Sheds garde l’essentiel de la leçon géorgienne : l’importance des guitares, la rupture des rythmes et surtout l’énergie continue de la musique. C’est pour ça que You’ve Got A Light est aussi efficace, simple et énergique !
Et pourtant, c’est encore dans les morceaux ouvertement folks que le groupe trouve son meilleur. Des morceaux comme We Are Walking Slowly (deuxième extrait du jour : ) ou Reflection Of The Sun en feront chavirer plus d’un. Comme le reste des albums du groupe : simple et efficace. J’aurais du mal à m’en défaire. The Sheds rentrent aujourd’hui dans ma discothèque idéale des années 2000. Dans le top 5.
Ce ne sont pas moins de quatre albums entiers qui sont disponibles en téléchargement sur le site officiel de The Sheds. Et avec des albums de cette qualité, je me demande parfois ce que j’irais encore faire à la Fnac. Franchement.
Tracklist: 1. All The Right Things / 2. The World Is Changing / 3. Mtn Cat / 4. Rootwings / 5. Reflection Of The Sun / 6. Trash Can Jeans / 7. We Are Walking Slowly / 8. Drunk For Lunch
Oui, Thomas Dutronc est bien le fils de.
Les preuves, pics, mots, phrases, rimes disséminés ici et là sur Comme Un Manouche Sans Guitare sont un hommage flagrant aux deux Jacques qui nous éblouirent de leur génie dans les années 1960. Thomas assume, mais le propos n’est finalement pas là.
Pour tous les lecteurs de la presse musicale, Thomas Dutronc est LA révélation de cette fin d’année. L’artiste que l’on n’attendait pas ou plus. Le sauveur de la planète musicale. J’exagère un peu mais il semble être le phénomène que l’on s’arrache deux à trois fois tous les ans et qui réconcilie le grand public avec une multitude de styles musicaux.
En tout cas, Thomas Dutronc va peut-être réconcilier certains des amateurs de musique française fâchés avec Vincent Delerm et les autres représentants de sa génération. Sur un album nommé Comme Un Manouche Sans Guitare, Thomas Dutronc passe de longues minutes à jouer de la guitare comme un manouche, à réinventer la musique de Django et du Hot Jazz Club. Rien que ça c’est du bonheur.
Mais Thomas n’est pas le fils de Jacques et Françoise pour rien. Rattrapé par la musique, il l’est aussi par les mots, et cet album est d’une rare richesse et finesse textuelles. Les cyniques J’aime Plus Paris (un bonheur) ou N.A.S.D.A.Q. qui vous fera penser à Brazil. L’émouvant Solitaires. Le délirant Les Frites Bordel - extrait du jour : …
Thomas Dutronc a parfois un petit côté Mathieu Chédid qui m’agace un peu, M a marqué une génération et on n’y changera rien… mais il me rappelle aussi Louis Chédid - toujours une histoire de paternels - et parfois un peu de l’Autour de Lucie des début. Comme Un Manouche Sans Guitare sort dans les bacs le 30 octobre. Amateurs de jazz, il vous reste quelques jours pour faire de la place dans vos étagères.
Tracklist: 1. Jeune, Je Ne Savais Rien / 2. Solitaires / 3. J’aime Plus Paris / 4. Veish A No Drom / 5. September Song / 6. J’Suis Pas D’ici / 7. N.A.S.D.A.Q. / 8. Je Les Veux Toutes / 9. Les Frites Bordel / 10. Le Houdon Jazz Bar (malus track) / 11. Comme Un Manouche Sans Guitare / 12. China Boy / 13. Viens Dans Mon Ile / 14. Canzone Per Maria
Sesame Street est sans doute la meilleure émission pour enfants jamais créée, et ce n’est pas pour rien qu’elle dure depuis 30 ans ! Et le Cookie Monster l’un de ses personnages le plus attachant. Si je vous annonce qu’en plus il chante, vous n’y resisterez pas !
J’avais oublié à quel point cela pouvait faire du bien d’écouter du Michel Jonasz.
Et à quel point Mister Swing portait admirablement bien son nom !
Pourtant j’ai quasiment grandi avec lui. Michel Jonasz fait partie de mon héritage musical aux côtés de Louis Chédid, William Sheller et Alain Souchon. Dans la grande famille de la musique pas si variété que ça des années 1980. Je me souviens bien que les albums de Michel Jonasz étaient derrière la porte en verre de la chaîne hi-fi de ma soeur et que j’ai du entendre un nombre incalculable de fois des Lucille, des Fourmis Rouges, des Dîtes-Moi et des Lord Have Mercy. J’ai du les chanter un nombre incalculable de fois aussi des Boîte de Jazz, des Ray Charles et des FM qui s’est spécialisée Funky…
C’est loin tout ça. 15 ans minimum.
Et puis hier, je suis tombé sur 3ème. Le troisième album de Michel Jonasz, sorti en 1977. 5 euros, le prix d’un souvenir en quelques sortes. Oh, ce n’est pas la meilleure création de Mister Swing, Uni Vers l’Uni ou Tristesse sont sans doute incroyablement plus accomplis. 3ème ne compte que 8 pistes, à peine 28 minutes de musique. C’est court, mais qu’est-ce que c’est bon, quelle énergie. De la première piste, Du Blues Du Blues Du Blues - extrait du jour : - à l’émouvant Pierrot, en passant par J’veux Pas Qu’tu T’en Ailles, peut-être la pus belle chanson de Jonasz, c’est un festival de jazz, de blues et de funk gentil qui déferle dans les oreilles.
Ca redonne le sourire.
Après, on viendra me dire que Michel Jonasz, c’est rien que de la variété française. C’est vrai, même si c’est peut-être quand même un peu plus que ça… Et la variété française n’a pas forcément droit de citer sur le Web. Ils sont rares les sites qui abordent sereinement les Sanson et les Sheller. (message caché, visitez Zoomrang). Seul Souchon est resté hors des modes finalement. Dommage, il y a des richesses à redécouvrir des certains artistes eighties tombés dans l’oubli.
Des textes superbes bien sûr, mais aussi des musiques prenantes, entêtantes… c’est choses qu’on sous-estime aujourd’hui…
En cherchant bien, on peut même y trouver…
Du Blues
Du Blues
Du Blues
Tracklist: 1. Du Blues Du Blues Du Blues / 2. J’veux Pas Qu’tu T’en Ailles / 3. Les Reussites / 4. Le Brocanteur / 5. Danse Papa Danse / 6. Les Odeurs D’ether / 7. Y’a Toi Y’a Moi / 8. Pierrot
C’est JP, sur Coffee Cup, qui a définitivement raison. Une fois encore. Suede est un groupe glam. Avant tout. Et c’est peut-être même le dernier…
Suede.
Voilà un groupe qui provoque des réactions épidermiques chez pas mal d’auditeurs. Et chez pas mal de monde avec qui j’ai eu la chance de parler zik. Parce que pour pas mal de monde, Suede c’est avant tout la voix de Brett Anderson sur Trash, le single le plus connu du groupe, ouverture de Coming Up en 1996. Et cette voix, on en n’avait plus réellement l’habitude en 1996, à une époque où les styles sont plutôt mâles et affirmés et où Oasis ou Pulp font la loi sur les ondes.
C’est peut-être justement cette voix, et les incroyables arrangements de Coming Up qui m’ont convaincu en 1997, quand je piquais le disque dans les rayons de la médiathèque de Valenciennes. Du jamais entendu pour moi… j’avais beau fouiller ma mémoire New Wave et Prog, Suede restait inédit, incroyable, inespéré. Et pourtant je suis resté longtemps accroché à Coming Up, sans chercher à tester le reste de la discographie du groupe. Et c’est donc en toute logique que je me penche sur Head Music aujourd’hui. Normal.
Head Music c’est le vilain canard de la discographie de Suede. Le début de fin, l’album de la déception. Parce que trop glam peut-être ? Avec les moyens modernes, Suede embarque là pour un nouveau Electric Warrior, une référence, tellement plus déjanté et furieux que Coming Up. Un seul exemple. Ecoutez Can’t Get Enough - extrait du jour : . Sur les quelques minutes de ce morceau, le temps d’une réincarnation, Suede est T Rex, Brett Anderson est Marc Bolan, Can’t Get Enough est le Children of the Revolution des années 1990.
Plus synthétique bien entendu, parce que sorti 25 ans après l’original. Mais le parallèle est évident… Et c’est pour cela peut-être que Head Music a eu ce mauvais accueil, parce qu’il laisse de côté les guitares tonitruantes pour quelque chose de plus glam à l’heure où ce sont soit le Trip-hop soit la pop qui font la loi dans les charts britanniques. A l’heure où la musique se doit de danser et où c’est alors Garbage qui fait office de sauveur de la pop anglaise… L’album tient aussi ses slows plus ou moins bizarres (Everything Will Flow, merveille, She’s In Fashion…) est ses inventions pop comme le single Electricity. Mais peut-être qu’avec Head MusicSuede est allé trop, là où la majorité du public ne pouvait pas le suivre…
Tracklist: 1. Electricity / 2. Savoir Faire / 3. Can’t Get Enough / 4. Everything Will Flow / 5. Down / 6. She’s In Fashion / 7. Asbestos / 8. Head Music / 9. Elephant Man / 10. Hi-Fi / 11. Indian Strings / 12. He’s Gone / 13. Crack In The Union Jack
Un peu de jazz pour changer…
Je vous propose aujourd’hui de découvrir, en douceur, Harold Lopez-Nussa. Pianiste cubain, de formation classique parce qu’on apprend forcément la musique classique à Cuba, Harold Lopez-Nussa a une sensibilité définitivement jazz. Mais pas seulement… En écoutant ses accords de piano, sur son compte MySpace, ou dans l’excellente interview qui lui est consacrée sur le site Havana-Cultura, on se rend compte que c’est toute la musique des îles qui transparait dans sa façon de jouer. Du jazz, oui, mais du jazz plus envolée et plus enjouée qu’à l’habitude. Loin des clubs feutrés de New-York ou de Chicago. C’est un jazz du soleil qu’offre Harold Lopez-Nussa, et ça fait franchement du bien aux oreilles !
Son prochain album, Sobre El Atelier, sort à la fin du mois…
C’est là l’occasion de découvrir un artiste cubain original, loin des clichés de la salsa et de Compay Segundo.