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Archive for juillet, 2007

Vacances…

Vendredi 20 juillet 2007

DiscoBlog prend un peu de vacances et reviendra sur vos écrans début août !

DécouNet : Black Kites

Mardi 17 juillet 2007

Dégoté sur Free Albums Galore, Black Kites m’a immédiatement mis l’eau à la bouche. Ce mélange de pop et de rock anglais sonne comme un bon souvenir. Des rappels de Mazzy Star version rock, une voix atmosphérique qu’on avait oublié depuis longtemps, des accords rock sans être assomants… Bref, une alchimie qu’on n’espérait plus depuis un petit moment dans la planète rock.
Une écoute rapide de Glass Parade devrait vous persuader que Black Kites vaut réellement le détour :
. Vous vous réglerez ensuite avec un EP entier (All Wrong EP) disponible en téléchargement gratuit sur le site de leur label Filthy Little Angels.

Télécharger All Wrong dans son intégralité.
Le site officiel de Black Kites.
Le MySpace de Black Kites.

Curtis Mayfield - There’s no place like America Today

Mercredi 11 juillet 2007

Un invité spécial sur DiscoBlog aujourd’hui. Alain K., maître du blog La Boîte à Image que j’apprécie beaucoup, nous fait aujourd’hui l’honneur d’un petit billet sur DiscoBlog. Et pour une fois, on y parle plus d’images que de sons…

Quand François H. m’a demandé d’écrire un billet pour son DiscoBlog - un jour, un disque…, je me suis demandé de quelle pochette des Beatles, des Stones, du Floyd, de Marley ou de Lou Reed j’allais parler. Et puis non, c’était trop facile, trop attendu.

Un disque de jazz ? Là aussi, entre les Blue Note et les Verve, il y avait matière. Et pourquoi pas l’une des plus atroces pochettes de jazz jamais imprimées ? Let’s Get Acquainted with Jazz (For People Who Hate Jazz) de Jimmy Rowles aurait pu faire l’affaire.

Mais non. J’ai choisi un disque ancien, oublié, au contenu sans intérêt et dont la pochette m’a toujours plu même si j’en connais l’histoire. Il s’agit de :


Cliquez sur l’image pour la voir en plus grand

There’s no place like America Today par Curtis Mayfield, 1975

Une bien belle illustration, en vérité, quoique pas tout à fait originale. Le design est dû à un certain Lockart (peut-être
s’agit-il du nom d’une entreprise), dont on se demande en quoi il a pu consister. La peinture, elle, est de Peter Palombi. Examinons donc son travail.

Il s’agit en fait de la reprise d’une célèbre photographie de Margaret Bourke-White :


Cliquez sur l’image pour la voir en plus grand


On pourrait penser que cette image nous montre des chômeurs et/ou des sans-abri faisant la queue à une soupe populaire. Margaret Bourke-White, saisissant l’humour noir (sans jeu de mots) de la situation, les aurait capturés sur la pellicule alors qu’au-dessus d’eux se dressait une publicité gouvernementale vantant les mérites de l’American Way of Life.

C’est bien ainsi qu’est, le plus souvent, décrite cette image :
« The photograph is simple but effective : a group of unemployed black men are queued in a breadline beneath a billboard depicting a happy white family. »

Sauf que voilà, il ne s’agit pas tout à fait de cela. Alors précisons le contexte.

Prise au début de février 1937, cette photographie s’intitule At the Time of the Louisville Flood (Lors de l’inondation de Louisville). Il s’agit donc de sinistrés faisant la queue pour obtenir des vivres de la part de la Croix-Rouge (et l’on remarquera au passage qu’il est assez peu courant d’attendre du pain avec un seau dans la main…)

Entre la fin de janvier et le début de février 1937, des pluies incessantes firent en effet déborder le fleuve Ohio, qui recouvrit 60% de Louisville (Kentucky). Ce fut l’une des plus importantes inondations qu’eurent à subir les Zétazuniens.

Plus tard, on oublia quelque peu le contexte et cette photo devint, peu ou prou, l’une des images phares de cette période de l’Histoire des Zétazunis, celle de la Grande Dépression et du New Deal. Exit l’inondation, il ne reste plus que des chômeurs noirs (unemployed black men) faisant la queue à une soupe populaire (queued in a breadline).

Revenons maintenant à la pochette de Curtis Mayfield et comparons-la avec la photo de Margaret Bourke-White.


Cliquez sur les images pour les voir en plus grand


Sur la pochette, le cadre de l’image a été un peu resserré.
Le sens de la file a été inversé mais les personnages restent inchangés.
La phrase World’s Highest Standard of Living a été remplacée par le nom de Curtis Mayfield.
Pour s’accorder avec le format carré, des immeubles ont été ajoutés en arrière-plan.
Sur le panneau, le slogan a été modifié : There’s no way like the American Way est devenu There’s no place like America Today.
Le resserrement du cadre a fait disparaître le chien du panneau ; la petite fille à l’arrière est devenue petit garçon ; la mère a perdu son sourire.

Alors, finalement, que nous dit cette pochette ? Eh bien elle nous affirme qu’il n’y a, pour la population noire amerlocaine, aucune
différence entre la période de la Grande Dépression des années 30 et celle des années 1970. L’arrogance des Blancs nantis
(Papa-Maman-Garçon-Fille et Grosse Berline) est encore pire, peut-être, qu’avant : l’espèce de naïveté qui s’affichait sur leurs lèvres des années 30 n’est plus unanime, ainsi que nous le dit ce visage impassible, voire dédaigneux de la femme qui voit peut-être la file des sans-abris mais qui se refuse à les regarder.

Les pauvres Noirs, qui dans les années 30 allaient encore dans le sens du progrès espéré, dans le sens de l’Histoire — c’est-à-dire de la gauche vers la droite, puisque tel est notre sens de lecture — s’en retournent maintenant dans un mouvement de droite à gauche qui ne peut être qu’un refus des valeurs américaines, voire un retour aux origines. Ainsi, même des mouvements tels que le Black Power se verraient disqualifiés (nous sommes dans les années 70). Il n’y a plus d’espoir,
plus rien sauf un quignon de pain au bout de la file.

Et l’ignominie du slogan gouvernemental, qui vantait-vendait l’image d’une Amérique forte alors en pleine récession économique, est remplacée par cet ironique constat : There’s no place like America Today.


•••

Il faut dire encore quelques mots de la photo de Margaret Bourke-White :



Ce panneau publicitaire avait également été photographié deux fois en 1937 aussi par Arthur Rothstein, à Birmingham (Alabama) :


Cliquez sur l’image pour la voir en plus grand


Son absence de tout personnage, hélas, ne résista pas à la photographie de Margaret Bourke-White. En novembre 1939, Dorothea Lange prit elle aussi une photo similaire :



La légende dit : Campant sous la pluie derrière un panneau publicitaire, trois familles, quatorze enfants. Sur la route 99. Près
de Famosa (ou Vamosa), Kern County, Californie.

Le Travel While You Sleep est là aussi assez ironique, mais les personnages ne sont pas à l’avant-plan et cette photo ne détrôna jamais le There’s no way like the American Way

En 1944, Arthur Rothstein (encore lui) prit cette photographie :



Clin d’œil à celle de Margaret Bourke-White, elle est titrée :
Piscine improvisée pour enfants d’ouvriers d’usines métallurgiques à Pittsburgh, Pennsylvanie.

•••

Petite réflexion en prime :
1. Le gouvernement amerlocain commande une affiche à une agence publicitaire qui confie l’exécution de l’image à l’un de ses
illustrateurs ;
2. Margaret Bourke-White photographie cette affiche commandée par le gouvernement amerlocain à une agence publicitaire qui confia l’exécution de l’image à l’un de ses illustrateurs ;
3. Peter Palombi peint une pochette de disque reprenant la photo de Margaret Bourke-White qui représente cette affiche commandée par le gouvernement amerlocain à une agence publicitaire qui confia l’exécution de l’image à l’un de ses illustrateurs ;
4. Ce blogue publie l’illustration de Peter Palombi pour cette pochette de disque reprenant la photo de Margaret Bourke-White qui représente cette affiche commandée par le gouvernement amerlocain à une agence publicitaire qui confia l’exécution de l’image à l’un de ses illustrateurs.
Question : Comment s’appelait l’illustrateur et quel était son salaire hebdomadaire ? Le gagnant recevra un paquet de shamallows 100% chimiques.

Lien
Des extraits de cet album de Curtis Mayfield peuvent être écoutés par ici, entre autres. Mais ce n’est pas indispensable !

Ce billet est publié conjointement sur La Boîte à Images.

Tenacious D - Tribute

Lundi 9 juillet 2007

La sortie cette semaine de Tenacious D: The Pick Of Destiny - le Médiator du Destin en français, la plus mauvaise adaptation d’un titre anglais depuis longtmps - me permet de mettre en avant Tenacious D aujourd’hui.
D’abord le film : JB, fan-raide-dingue de rock’n roll mais coincé dans une famille ultra-religieuse s’enfuit de chez lui pour découvrir le secret du rock’n roll ! Il arrivera à Hollywood et y trouvera le Médiator du destin, capable de transformer n’importe quel débutant en guitariste de génie.
Un extrait ? OK… voici quelques minutes du film starring Meat Loaf ! Yeah !


Mais Tenacious D alors ? Tenacious D c’est le groupe de l’acteur Jack Black qui avait déjà massacré Steevie Wonder dans High Fidelity, on enflammé les salles de classe dans Rock Academy. Sacrémment rock et bourré de références, Tenacious D sort un son à la limite du blues gras et du rock seventies, comme en témoinge le clip de Tribute, mélange que Stairway To Heaven et de Devil Came Down On Georgia :


La fiche de Tenacious D: The Pick Of Destiny sur AlloCiné.
Le site officiel du film.

Emma Pollock - Watch The Fireworks

Jeudi 5 juillet 2007

Elle parlait d’éclectisme dans son interview de la semaine dernière ? Emma Pollock a superbement réussi son pari de l’éclectisme sur Watch The Fireworks, son premier album solo (sorti en septembre - voilà pourquoi il n’ya ni pochette, ni lien publicitaire sur ce billet). C’est un des avantages indéniables d’avoir pu faire une interview de la demoiselle (merci Chloé au passage)… je ne suis pas obligé dans cette chronique de m’étendre sur des tonnes et des tonnes de choses. Quelque part, ce sont toujours les artistes qui donnent-à-vivre le mieux leurs créations et leur travail. Pendant ce temps, moi, je peux pleinement profiter de leur talent en écoutant leurs albums !

Eclectisme donc. Watch The Fireworks sonne comme un assemblage de multiples influences. On ne m’empêchera pas de comparer Newland, morceau d’ouverture, avec les créations des Cardigans sur Life. Ou encore de mettre en parallèle les doux accords de Limbs - extrait du jour :
- ou de Here comes The Heartbreak avec la folk canadienne d’une Kathleen Edwards ou d’une Andrea Reveal. Mine de rien, les univers sont proches aussi bien sur le plan musical que sur le plan émotionnel. La seule différence, c’est qu’Emma Pollock vient de ce côté-ci de l’Atlantique et que ça musique sonne peut être un peu moins “country”. Un peu plus pop…
Les changements de rythme se font plus volontier (Here comes The Heartbreak encore), les sections électriques sont plus présentes même après un démarrage accoustique fort (If Silence Means That Much To You), c’est là la marque de fabrique d’une musique pleinement européenne.

Watch The Fireworks marque l’arrivée d’une nouvelle tête et d’une nouvelle voix dans le monde plus si petit des chanteuses pop de talent. Je mettrai bien Emma Pollock dans la première partie du tableau tant ses compositions sont originales et tant sa façon de toucher réellement à tout m’a touché. Un peu de patience pour en écouter plus !

Tracklist: 1. Newland / 2. Acid Test / 3. Paper and Glue / 4. Limbs / 5. Adrenaline / 6. If Silence means that Much To You / 7. Fortune / 8. You’ll come around / 9. This Rope’s Getting Tighter / 10. Here comes The Heartbreak / 11. The Optimist

Visiter le site officiel d’Emma Pollock

Simon & Garfunkel - The Sound of Silence

Mercredi 4 juillet 2007

Hier, Arte diffusait en première partie de soirée Le Lauréat. Pour une fois qu’un film à la fois drôle et sarcastique passait à la télé à une heure raisonnable, j’aurais eu tort de me priver.
Pourquoi en causer sur DiscoBlog ? Non pas à cause de la mine coincé d’un Dustin Haufman débutant, mais pour l’excellente bande originale du film signée en quasi intégralité du duo sixties Simon & Garfunkel. Du Mrs. Robinson de circonstance au cantique Scarborough Fair repris trois fois dans le film, c’est toute la B.O. qui vous plonge irrémédiablement dans une ambiance 60s et cool. L’association des images “soleil-de-Californie” du film et des guitares d’Art et Paul sont l’une des rares alchimie complète du cinéma américain. En témoigne cet extrait vidéo du film, sur l’indémodable The Sound Of Silence.


Inoubliable. D’ailleurs, depuis ce matin je chantonne Mrs. Robinson au travail. Pauvres collègues !

Mike Oldfield - Hergest Ridge

Mardi 3 juillet 2007

Mike Oldfield - Hergest Ridge

Je suis bien obligé d’avouer toute mon admiration pour Mike Oldfiled et l’ensemble des compositeurs de sa trempe. Moi qui sais à peine chantonner Mam’selle Angèle correctement, et encore en me concentrant très très fort, je ne peux qu’être abasourdi par un gars qui est non seulement capable de composer pour une vingtaine d’instruments à la fois, qui est capable de superposer ceux-ci sur un thème musical parfaitement cohérent, et en plus est capable de jouer de pratiquement chacun d’eux sans fausse note.
Whahoo. Rien qu’à décrire tout cela en quelques lignes, j’ai le vertige…

Prenons l’exemple, puisque c’est le disque du jour, de Hergest Ridge. Deux faces, deux parties, 40 minutes d’une symphonie à la fois pastorale et moderne. Deuxième album de Mike Oldfield après la claque Tubular Bells - dont il faudra que je raconte l’histoire un jour même si tout le monde la connait - et avant le chef d’oeuvre absolu qu’est Ommadawn à mon goût. 40 minutes, et pourtant un seul thème musical. Fort et entêtant. Repris en quasi-boucle par tous les instruments imaginables dans le zodiaque de Mike Oldfield.
Ca commence par quoi, une flûte ? un fifre ? Je suis affreusement mauvais pour reconnaître des instruments quand j’écoute de la musique… C’est pour ça aussi que j’aime Tubular Bells d’ailleurs, parce qu’Oldfield y détaille les instruments sur lequel il étrenne le thème principal au fur et à mesure de leur apparition. A la façon, d’un Pierre et le Loup.

Bref, entre cuivres (il doit bien y a voir une trompette qui traîne sur cet album… ?), guitares sèches ou électriques, pianos ou synthétiseurs… tous les sons et tous les instruments se mêlent pour ne former qu’une seule musique logique et évidente. La question est un peu bateau bien entendu… mais messieurs/mesdames les musiciens qui venaient sur DiscoBlog… Comment faites-vous pour sortir de telles musiques de vos têtes ?

Tracklist: 1. Hergest Ridge (Part One) / 2. Hergest Ridge (Part Two)

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