Il semble que Björk se soit réincarnée avant même d’être morte. Adulée, paraît-il, par l’islandaise et acclamée par Thom Yorke lui-même, Bat For Lash sort son premier album en début de semaine prochaine. Le premier single, What’s a Girl To Do, circule sur le net depuis quelques jours désormais.
Attention, ça sonne définitivement comme du Björk, période Vespertine, voire un peu période Debut. Allergiques, s’abstenir !
PS : à noter également que Bat For Lash sera en concert au Nouveau Casino à Paris le 4 juillet prochain.
Youpi ! Champagne ! C’est la dixième interview que DiscoBlog publie dans sa colonne !
Emma Pollock est écossaise. Issue d’un groupe qui a hanté la scène indé de Glasgow pendant 10 ans - The Delgados - elle signe aujourd’hui sont premier album. Watch The Fireworks sort en septembre et s’annonce comme un petit bijou pop ciselé par une large expérience musicale et par l’une des scènes musicales la plus inventive d’Europe. On reparlera de l’album sur DiscoBlog dans les jours qui viennent d’ailleurs.
En attendant, Emma Pollock s’est livré au petit jeu de l’interview DiscoBlog pendant son dernier passage à Paris. On y parle d’Ecosse, de variété, de Jacques Brel et de U2. L’une des interviews que j’ai eu le plus de plaisir à traduire !
DiscoBlog : Où êtes-vous pendant que vous répondez à cette interview ? Emma Pollock : Je suis dans les bureaux de Beggars, à Paris, et je m’efforce de taper sur un clavier français. Je suis ici seulement pour la journée, de retour d’une session acoustique pour OuiFM. J’y ai fait une reprise du You Don’t Know enregistré en 1961 par Helen Shapiro. J’ai chanté les paroles en français, j’en suis très fière !
DiscoBlog : En écoutant Watch The Fireworks, je dirais qu’il se situe quelque part entre la musique folk et les influences pop/rock scandinaves. Comment décririez-vous votre musique et cet album ? Emma Pollock : J’ai essayé de faire un album aussi éclectique que possible. J’étais la seule à en écrire les chansons et j’étais inquiète que l’album soit trop répétitif. Je dirais que l’album couvre le folk, la pop, mais aussi des sons plus sombres avec des chansons comme The Optimist et Newland qui pourrait faire partie d’une comédie musicale. Je voulais écrire des chansons avec différents sentiments, différents rythmes et utiliser des instruments variés, pour que l’album sonne « varié ».
DiscoBlog : Quelles ont été les principales influences et inspirations pour cet album ? Emma Pollock : Je ne sais jamais vraiment qui sont mes influences parce que j’écoute vraiment beaucoup de musique, de toute époque et de tout type. Je sais par contre que je place la mélodie au dessus de tout et que j’aime les songwriters classiques comme David Bowie, Joni Mitchell, Kate Bush. J’aime beaucoup le nouvel album des Shins.
DiscoBlog : Vous avez participé pendant 10 ans à l’aventure The Delgados (NDLR : l’ancien groupe d’Emma, dissous en 2005). Qu’est ce que ça fait de ne plus jouer dans un groupe maintenant ? Emma Pollock : C’est très intéressant d’avoir la liberté de faire exactement ce que l’on veut, mais on se sent aussi un peu seul de ne pas pouvoir partager son expérience avec un groupe. J’aime enregistrer et jouer live avec un groupe, parce que je veux encore faire de la musique qui sonne fort !
DiscoBlog : Quand on parle d’Ecosse et de musique, Belle and Sebastian et Franz Ferdinand sont les noms qui me viennent immédiatement à l’esprit. La scène écossaise doit être plus grande que cela. A quoi ça ressemble de l’intérieur ? Emma Pollock : Il y a tellement de groupes qui sortent en Ecosse - une part disproportionnée de la population. Je ne sais pas pourquoi, mais il y a de l’activité en permanence, beaucoup de salles de concert et de répétition et plein d’occasion pour les gens de faire quelque chose. Il y a aussi un très bon esprit à Glasgow – les gens aiment lancer des projets sans se mettre trop la pression. C’est très sain pour la musique. Glasgow est aussi suffisamment loin de Londres pour avoir sa propre scène !
DiscoBlog : Y a-t-il un artiste français dont vous êtes fan ? Emma Pollock : J’écoutais du Jacques Brel dans la voiture récemment… (NDLR : ce qui montre bien que pour un anglo-saxon, français et belge c’est pareil…)
DiscoBlog : Quelle est votre chanson préférée de U2 ? Emma Pollock : Ah… je ne suis pas certain d’avoir un morceau préféré, mais j’aime les albums Joshua Tree et Achtung Baby. Sans doute The Fly en fait.
DiscoBlog : Y a-t-il des artistes ou des groupes que vous aimeriez faire découvrir aux lecteurs de DiscoBlog ? Emma Pollock : Le nouvel album de Mother & The Addicts, Science Fiction Illustrated, sorti sur le label Chemikal Underground en août est un très bon disque.
Il y a aussi un nouveau groupe nommé Twillight Sad qui a sorti récemment sorti son premier album. Il mérite définitivement le détour.
Interpol, le Franz Ferdinand américain d’un point de vue aussi bien capillaire que musical, revient dans les bacs le 9 juillet prochain avec un troisième album intitulé Our Love To Admire. Le quatuor New-Yorkais, à première écoute, signe toujours un rock sobre et sombre, énergique et électrique, qui fait du bien dans les oreilles.
Le premier single de l’album devrait être The Heinrich Maneuver, mais aucun clip n’est dispo pour l’instant… Il a toutefois été interpété live un bon nombre de fois pendant les derniers concerts du groupe et c’est justement une version live que je vous propose là tout de suite. En attendant un album qu’on souhaite aussi bon que les deux premiers.
Derrière l’un des pires titres que l’on puisse imaginer se cache l’une des plus belles création pop/folk de l’année 2004. Billie The Vision And The Dancers oscile entre guitare folk, cuivres et batterie légère tout le long des 11 pistes de cet album frais et léger. C’est cool, ça se balade quelque par entre Mojave 3, Matt Ward, un Dylan décomplexé, un poil de Gerry Rafferty et toutes les racines de la belle folk britannique. Ce sont rien moins que deux albums complets qui sont dispo en téléchargement gratuit sur le site officiel du groupe : I Was So Unpopular In School and Now They’re Giving Me This Beautiful Bicycle de 2004, et The World According To Pablo de 2005.
Prenez les deux… pour vous en convaincre d’ailleurs : No One Knows You en extrait du jour : !
Tracklist: 1. Summercat / 2. Good and Bad / 3. Nobel Square / 4. Ask for More / 5. Do You Remember / 6. Stay Awake / 7. City / 8. Apologize / 9. No One Knows You / 10. Jackass / 11. Want to cannot Help but Dance
Je pourrais sans doute m’en tenir à la chronique éclair de Mister Cham, publiée avec verve ce week-end en commentaire d’un autre billet de DiscoBlog. Je n’entrerai ainsi pas en concurrence avec la chronique la plus courte du monde publiée par Playlist, mais j’irai peut-être à l’essentiel :
“Les White Stripes n’ont pas beaucoup innové non plus. Leurs compositions sentent le Led Zep à plein nez, c’est du réarrangement ! L’avant dernier album était plus innovant… et en avait souffert…”
D’un autre côté, ça fait tellement longtemps que j’attendais que l’album Icky Thump heurte mes tympans que je n’ai qu’une seule envie : m’étendre. En dire du bien en long en large et surtout en travers. Ne vous attendez surtout pas à une chronique un tant soit peu originale ici, je pense que depuis que les premières notes du single Icky Thump ont frappé les radios anglaises il y a deux mois, tout a été dit sur Meg, Jack et les White.
Icky Thump est une énorme claque. Enorme, comme le promettait si bien le single Icky Thump. Un retour aux racines du rock, du blues, de la vraie musique qui vous bouge les tripes. Ca sent le Led Zeppelin ? Plus que vrai Mister Cham. Icky Thump pourrait être Led Zeppelin V, tant la voix de Jack White se prend pour celle de Robert Plant sur certaines pistes (A Martyr For My Love For You pour n’en nommer qu’une), tant les fûts de Meg White s’en prennent dans la tronche sur presque 50 minutes de vacarme (Bone Broke ou Little Cream Soda) et tant, Rock’n Folk l’avait souligné, Prickly Thorn, But Sweetly Worn pourrait être le Bron-Yr-Aur Stomp du groupe. Comme quoi les parallèles avec Led Zeppelin, ou dans le même ordre d’idée Deep Purple et Black Sabbath sont plus qu’évidents sur Icky Thump.
Oui, Icky Thump est moins innovant que Get Behind Me Satan. Il revient aux racines du groupe et du blues. Enregistré en trois semaines dans un Nashville pourtant plus réputé pour sa country que pour son acier trempé, l’album donne la part belle à la voix d’écorché (quand il veut) de Jack White, aux guitares endiablées et à la batterie de Meg White. C’est primaire, binaire, je l’ai dit. Descendre le Mississippi a ramené les White Stripes à l’essentiel, aux bases, aux roots… au Blues en un mot. C’est l’intro de Catch Hell Blues - extrait du jour : - qui le dit, le dénonce et le crache comme une évidence.
The White Stripes est un groupe de blues !
Les trompettes de Conquest ne trompent personne, les quelques mots d’espagnols sur Icky Thump non plus. The White Stripes viennent du Delta, du pays du blues, celui qui colle aux mains et où les bottes s’enfoncent. Cette musique grasse d’un Creedence Clearwater Revival, d’un Screamin’ Jay Hawkins, d’un Charley Patton…
Ils ne sont pas innovants les White Stripes ? Sans doute pas… tous les accords, tous les arrangements de Icky Thump ont été entendus, il y a de ça 30 ou 40 ans, que ce soit dans la Swingin’ London ou dans la crasse des bayous. Quand les Rolling Stones se gargarisaient avec raison de Muddy Waters. The Whites Stripes ont suivi la même piste, et c’est sur leurs partitions que se sont tracés naturellement les sillons de la musique traditionnelle américaine, avec juste ce qu’il faut d’électricité en plus. C’est cette piste qu’ils suivent depuis leurs débuts soit dit en passant, là dessus qu’ils ont contruit leur succès, qu’il on fait un Let’s Build A House qui sonnait comme l’enfer…
Je ne sais pas si Satan était déjà reparti avant l’enregistrement de ce nouvel album, comme Meg & Jack le conjuraient d’un geste de la main sur la pochette de Get Behind Me…. S’il est resté pour Icky Thump, il ne doit pas le regretter… Il doit toujours faire aussi chaud en enfer, mais maintenant qu’est-ce que la sono doit donner !
Tracklist: 1. Icky Thump / 2. You Don’T Know What Love Is (You Just Do As You’Re Told) / 3. 300 M.P.H. Torrential Outpoor Blues / 4. Conquest / 5. Bone Broke / 6. Prickly Thorn, But Sweetly Worn / 7. St Andrew (This Battle Is In The Air) / 8. Little Cream Soda / 9. Rag And Bone / 10. I’M Slowly Turning Into You / 11. A Martyr For My Love For You / 12. Catch Hell Blues / 13. Effect And Cause
Dans la foulée de la sortie de Derrière La Porte, Jil Caplan s’est lancé dans le concours des réponses les plus brèves aux interviews DiscoBlog avec Matt Ward. Ca n’était pas du tout évident au départ, mais il semble qu’elle ait gagné cette compétition haut la main. Un petit conseils aux fans : lisez cette interview plusieurs fois pour réellement en profiter !
DiscoBlog : Où êtes-vous pendant que vous répondez à cette interview ? Jil Caplan : Devinez ! Derrière ma porte virtuelle, mon ordinateur.
DiscoBlog : 20 ans de carrière depuis Oh! Tous Les Soirs en 1986. Toujours la même envie de faire de la chanson ? Jil Caplan : Dingue non ? Mais la réponse est oui !
DiscoBlog : Qu’est-ce qui a changé pendant ces 20 ans, dans le monde de la chanson française ? Jil Caplan : Moi et les autres.
DiscoBlog : Derrière La Porte, c’est l’album des retrouvailles avec Jay Alenski. Comment se sont passées ces retrouvailles ? Jil Caplan : Vives & intenses, inattendues, mais comme un rendez vous évident.
DiscoBlog : Certains rythmes de Derrière La Porte sonnent un peu plus électroniques. C’est pour vous une nouvelle approche ? Jil Caplan : Oui pour la forme…. Il y a plus d’électricité c’est certain. J’aime !
DiscoBlog : Quelles ont été vos principales influences pour Derrière La Porte ? Jil Caplan : C’est surtout une façon d’être, essayer d’approcher d’une certaine justesse, de musique, de textes. on est toujours habité d’aînés qui ont ouverts une voie, un chemin de nouveauté.
DiscoBlog : Quel est votre morceau préféré de U2 ? Jil Caplan : (Run Away) I Will Follow, sur Boys.
DiscoBlog : Y a-t-il des artistes ou des groupes que vous aimeriez faire découvrir aux lecteurs de DiscoBlog ? Jil Caplan : Des tas ! Joan As Police Woman, Antony & The Jonhsons, Grandaddy, Tim Buckley (le père de Jeff), Will Oldham, certains titres de Nina Simone, Surjan Stevens….trop long à dire…..
Ca faisait un sacré bout de temps que je ne vous avais pas proposé un album entièrement gratuit sur DiscoBlog. Ooouh, honte sur moi !
Si l’on en croit Travis Carter, instigateur principal du projet, Bitter Tea For Breakfast n’est finalement qu’un side project. Une sorte d’enveloppe dans laquelle il a rangé les chansons qui ne correspondaient pas à Millimeters Mercury, son groupe atitré. Un petit projet à part, sur lequel Travis Carter se donne tout de même tout au long de 15 superbes pistes accoustiques, jouant l’ensemble des instruments de l’album. Un petit projet, tellement à part qu’un second album, Alarming New Evidence Of Pathological Self-Sabotage, en sera issu, accompagné cette fois de Deirdre Kelly.
Ah, si seulement tous les petits jeunes pouvaient avoir cette force dans les compositions et le songwritting…
Tout au long des 15 pistes de Blueprints For A Medical Building, Bitter Tea For Breakfast dévoile une musique à la fois folk et pop, à la fois légère et profonde… le digne héritage d’un Nick Drake (n’ayons pas peur des mots) et dans les voisinages d’un José González - celui des pubs Bravia où des milliers de balles de couleur descendent les rues de San Francisco… Une oreille attentive à Breathing - extrait du jour : - résume beaucoup de l’album. Guitare omniprésente, entêtante, voix puissante, entêtante elle aussi… Bitter Tea For Breakfast signe ici une musique folk tellement simple qu’on n’a plus réellement l’habitude de l’entendre.
Deux albums entiers sont disponibles en téléchargement ur le site du groupe. On aurait franchement tort de ne pas en profiter.
Tracklist: 1. For Once, I’ll Actually Tell You What I Was Thinking / 2. Aphasia / 3. Breathing / 4. Myth Of Circumstance / 5. Nothing’s Easier / 6. Alimentary Genius / 7. Because Of You, Wigs / 8. The Part Of Me That Wishes, Wishes On / 9. If I Was Looking / 10. =,≠ (What I Am, What I Am Not) / 11. The Rain Comes Still Through The Windowsill / 12. A Year Ago / 13. I Prefer To Fall (Make Me Forget You’re Leaving) / 14. The Loneliest Spaceman / 15. Positive Feedback