Placebo - Without You I’m Nothing
Un peu plus de deux ans après l’ouverture de DiscoBlog (oui, oui, on a tous loupé l’anniversaire de ce blog finalement…) je reviens un temps sur Placebo. Je n’ai pas réellement changé d’opinion sur le terme marketing-fourre-tout de Pop-Rock. Alors, plutôt que de radoter encore une fois sur les dérives marchandes de la musique actuelle, je vais essayer de me concentrer sur l’album du jour. Ca reposera tout le monde.
Without You I’m Nothing sort en 1998. A peu près à l’époque à laquelle j’arrive sur Paris pour démarrer cette carrière fulgurante et brillante que tout le monde me connait. Deuxième album du groupe, il arrive pile au moment où la pop anglaise se cherche un second souffle après le dégonflement de la baudruche Oasis (écouter Be Here Now…) et où la claque absolue qu’est O.K. Computer met tout le monde d’accord sur les héritiers de Pink Floyd, des Beatles et de toute la clique anglaise réunie. Radiohead est donc sur orbite, la Brit-Pop est morte… et comme environs tous les trois ans, le rock anglais se cherche du sang neuf pour exister hors des grandes institutions. Ce sera donc, entre autres, Placebo.
Moi, en 1998, je commence à arpenter les couloirs du métro parisien et je remarque pour la première fois les affiches bizarres qui y fleurissent. Première fois, à ma connaissance, que je remarque que la musique s’affiche aussi à grand coup de placard. Ces deux filles en tête à tête sur les affiches, je ne voyais pas bien le message qu’elles véhiculaient. J’ai compris plus tard que c’était là, en fait, des pochettes d’albums qui s’affichaient. Mignon ? Non ?
Placebo donne effectivement un nouveau souffle au rock anglais en ressortant des placards les vieilles gloires du royaume. Brian Molko affiche clairement ses références : David Bowie - alors en retour de grâce après ses Outside et Earthling, et tout auréolé de son concert des 50 ans - et Robert Smith qui lui donne ses conseils de maquillage, alors que The Cure est plutôt en froid avec son public après un Wild Mood Swing tièdement accueilli.
Without You I’m Nothing alterne ses deux influences. Un morceau titre très Bowien, et d’autres morceaux comme Pure Morning ou Brick Shithouse - extrait du jour : - qui pourraient facilement être du Cure sous amphet. Ni plus, ni moins. Ajoutez à cela la voix unique de Brian Molko et ses accents nasillards qui plaisent tant à la scène anglaise depuis The Kinks. Et une communication incroyablement réussie sur l’identité sexuelle ambigÌe du même Brian. Le cocktail Placebo est en place et ne peut que faire sauter la baraque.
Il y a toujours eu deux faces dans les réussites du rock anglais. Dynamiter les ancêtres à la manière des Sex Pistols, ou leur dresser des autels à la façon du courant New Wave Bis des Bloc Party, vaguement moribond aujourd’hui. Finalement, Placebo fait les deux et revendiquant ouvertement le Thin White Duke et les premiers héros de la New Wave comme références (aaah, ce Joy Division auquel personne n’osera jamais toucher, Ian Curtis cette icône que l’on n’égratignera pas de si tôt), mais en tournant, voire en déchirant carrément, la page Brit Pop des Oasis, Blur, Pulp et autres. Un peu comme si le rock avait sauté une génération.
Tracklist: 1. Pure Morning / 2. Brick Shithouse / 3. You Don’t Care About Us / 4. Ask For Answers / 5. Without You I’m Nothing / 6. Allergic (To Thoughts Of Mother Earth) / 7. The Crawl / 8. Every You Every Me / 9. My Sweet Prince / 10. Summer Gone / 11. Scared Of Girls / 12. Burger Queen











mars 26th, 2007 13:55
Placebo a commencé à me perdre avec cet album.
Un peu trop propre sur lui…