Des fois, les clips sont aussi efficaces qu’un bon film.
Ils font frissonner.
D’autant plus s’ils sont visuellement en accord avec la musique qu’ils illustrent.
Mary, le clip du single de Supergrass sorti en 1999, fait parti du lot.
Une claque ! Une énorme claque !
La boîte à musique du petit Pierre, 14 mois et un paquet de malice, joue Le Lac Des Cygnes, une sordide histoire de canard amoureux qui meurt à la fin. Cela fait un moment que je ne l’avais pas mise en marche cette boîte à musique… Elle m’a rappelé trois choses.
Tout d’abord que la grippe aviaire sévit à Moscou ces derniers temps.
Ensuite, que ma boîte à musique à moi de quand j’étais petit jouait La Chanson De Lara, l’air du fameux Docteur Jivago de David Lean.
Enfin, que Madness s’est commis, en son temps, dans une reprise ska et rythmée du même Swan Lake. Reprise qui n’est pas sans faire penser à une boîte à musique, et réciproquement.
C’est donc de Madness que je vais vous entretenir aujourd’hui
D’habitude, je n’aime pas trop parler des compils, mais je vais faire une exception cette fois en abordant Utter Madness. Sorti originellement en 1986, Utter Madness n’est pas à proprement parler un best-of… c’est un second volume de best-of. Entendez pas là qu’il ne regroupe pas les meilleurs titres du groupe (sous réserve qu’un best -of ait jamais regroupé les meilleurs titres de qui que ce soit, son but étant plutôt de resservir les meilleures ventes, l’appellation Singles est alors bien moins hypocrite…) mais seulement une deuxième sélection destinées à augmenter le catalogue d’une maison de disque et les ventes de celle-ci… Voilà, je parle de compilations et je deviens désagréable. Saperlipopette.
Mais force est de constater, qu’en seconde sélection, la discographie de Madness reste incroyablement recommandable. Si l’on met de côté Our House, single indispensable et usé jusqu’à la corde du groupe, juste devant l’effrayant One Step Beyond (et Baggy Trousers ou House Of Fun pour compléter la liste) que peu de radios se risquent encore à diffuser aux heures de grande écoute… Si l’on excepte donc cette première piste, les titres allant de Michael Caine à (Waiting For) The Ghost Train, ou de Tomorrow’s Just Another Day à Victoria Gardens sont d’un rare équilibre et sont assez éloignés de l’image ska et brass-band que l’on donne habituellement au groupe anglais. Et même si les morceaux comprennent encore moult cuivres et choeurs, ils posent tout de même quelques unes des bases de la musique pop anglaise, inspirée des ambiances jamaïcaines et antillaises. Bonheur.
Et puis, Utter Madness contient aussi, en piste bonus, Seven Year Scratch - extrait du jour : - un remix daté de 1982, de mémoire, et reprenant les plus grands tubes du groupe dans un enchaînement endiablé. De One Step Beyond à My Girl, de The Prince à Embarrassment… sept ans de délires musicaux et de création débridée !
Tracklist: 1. Our House / 2. Driving My Car / 3. Michael Caine / 4. Wings Of A Dove / 5. Yesterdays Men / 6. Tomorrow ‘S Just Another Day / 7. I’ll Compete / 8. (Waiting For) The Ghost Train / 9. Uncle Sam / 10. The Sun And The Rain / 11. Sweetest Girl / 12. One Better Day / 13. Victoria Gardens /14. Seven Year Scratch
Pour ceux qui, comme moi, ne loupent pas un épisode de ReGenesis le lundi soir sur Arte, sachez que la production canadienne de la série a créé un podcast et un blog reprenant les musiques de la série. C’est très bien fait, et très agréable à écouter.
Reste qu’ils ne listent pas le morceau qui concluait le dernier épisode de la première saison hier soir… Edition express : Trouvé ! il s’agit de Andrea Revel - The Past Is Never Past !
Plutôt qu’un album, c’est un concept complet que je vais mettre en avant aujourd’hui sur DiscoBlog. SongPull est un site américain des plus original. Il propose à des artistes indépendants d’interpréter et d’enregistrer, en vidéo et pour la première fois, un morceau qu’ils ont composé au cours des 30 derniers jours. Plutôt que de faire découvrir de nouveaux artistes via des morceaux déjà sortis et vendus sur le Net, SongPull met enfin en avant la créativité de la scène indépendante (et principalement folk, soyons honnête) américaine. Débuté à Springfiled, Missourri, les enregistrements du site ont désormais lieu partout aux Etats-Unis, de la côte Est au Pacifique.
Un bonheur de découvrir des artistes par ce biais. Les enregistrements sont frais et spontannés, et respirent la bonne humeur. Pour illustrer tout ça, un petit extrait avec Cindy Woolf qui interprète Cuddle Season Is Here. Une tonne d’autres morceaux sur le site SongPull.
On les aime, on le dit. The White Stripes est l’un des groupes les plus inventifs, énergiques, innovants, enthousiasmants de ces 10 dernières années. En 5 albums, ils ont assis une réputation incroyable, faite d’influences aussi diverses que le psychedelisme anglais, le blues, la country ou le bon vieux rock des stades… C’est à une sorte de retour aux sources perpetuel que Meg et Jack White nous invitent régulièrement ! Rhaaa !
Pour les convaincus, et pour les autres aussi, voici une version live de Let’s Build A Home (extrait de l’album De Stijl) enregistré pour l’émission Saturday Night Live (NBC) pendant la tournée de promo de l’album Elephant.
Sans doute que je commence à devenir un bloggeur influent… puisque que certain labels indépendants commencent à m’envoyer des CD de leurs dernières productions. Pas que je me lance dans la chronique à la demande - faudrait voir à pas charrier ! - mais si cela peut contribuer à faire connaître certains artistes et certaines musiques en dehors de leurs cercles habituels, pourquoi se priver.
C’est comme ça que le label Because Music, celui-là même qui diffuse Klaxons en France actuellement, m’a fait parvenir deux production électro : Tijuana Sessions Vol. 3 et ED REC Vol.2. Pas que l’électro soit réellement ma tasse de thé, mais autant être curieux de tout.
C’est sur les Tijuana Sessions que je vais me pencher ici. Signée par un bon collectif américain d’inspiration largement mexicaine, Nortec Collective, cet album est le mix parfait entre les musiques traditionnelles latines et les mouvances électro actuelles.
Autant le dire clairement. La musique électronique, quand elle se limite à une série de onxs onxs désincarnés me laisse assez froid. Voire me lasse très vite. Voire parfois m’énerve. En revanche, quand l’électronique sert un plus grand dessein de la chasse aux décibels et vient s’inspirer de tendances plus instrumentales et mélodiques, elle peut très vite me charmer. Ce fut le cas avec les remix de Shirley Bassey dont je parlais l’année dernière, pour un CD très particulier sortie il y a de ça des années avec Courrier International et qui faisait le tour des tendances d’urban-music de la planète. C’est le cas avec le Play de Moby ou avec le maître de l’ambient qu’est Brian Eno. Tout ça, ça va plus loin que de l’électro pure.
Les Tijuana Sessions, c’est la même chose. Les influences hispaniques, les cuivres qui sonnent, les airs mexicanisants portent plus loin que de simples bidouillages électroniques. On sent bien que c’est à de la musique que l’on a à faire. Que le collectif Nortec Collective vit au milieu de ces sons, de ces influences, à Tijuana même, loin des clichés véhiculés par James Ellroy et par la littérature policière américaine et californienne. Dans un lieu bouillonnant où les cultures s’entrechoquent. Le résultat de tant d’influences rencontrées ne pouvait être qu’un désastre ou une réussite brillante.
Après l’interview publiée en octobre dernier dans cette même colonne, il fallait bien que je parle un peu de Post-War ici. Après l’avoir boudé un petit peu, j’ai enfin réussi à me réapproprier le dernier album de M. Ward, sorti tout de même depuis fin août 2006. Assez en tout cas pour en parler ici. Et pas trop brièvement.
Difficile d’aborder M. Ward sans parler de cette mode des pochettes ternes qui sévit actuellement dans la musique indépendante américaine. Vous l’avez peut être remarqué par vous même, mais de Sounds Like Fall à Mojave 3 ou Clap Your Hands Say Yeah, la toute dernière mode dans la conception des pochettes de CD semble être à l’utilisation des tons gris, beiges, verts poisseux ou encore marrons pâles. C’est devenu comme une sorte de signature pour dire “Cet album, coco, c’est de la musique indépendante et ça va te plaire si tu aimes les autres albums qui ont une pochette sobre et marron !“. Je comprends bien l’approche, et le besoin, qu’a eu la scène indépendante américaine de se distinguer des pochettes claquante de la pop ou du rap… mais cette overdose de brun commence à devenir un sorte de marque de fabrique… et rend finalement un rayon entier uniforme visuellement. Dommage…
Enfin bon. M. Ward, avant de créer des pochettes de CD a aussi composé de la musique. Et de la bonne musique encore. A l’image de Chinese Translation - extrait du jour : - le premier single de l’album Post-War donne le ton. Une musique folk décomplexée qui va aussi bien chercher du côté de la pop anglaise que des influences plus californiennes… voire parfois hawaïennes, n’ayons pas peur des rapprochements ! D’autre morceaux comme Neptune’s Net, enregistré en live, font un peu penser à l’Apache des Shadows, tandis qu’on pourrait rapprocher un Right in the Head de l’oeuvre d’un Chris Rea.
Mais ce qui marque l’unité de cet album, hors les rythmes folks omniprésents, c’est surtout la voix enrouée de Matt Ward, si reconnaissable et qui renforce encore l’aspect folk américaine de l’album… Cette voix, vous l’avez peut-être déjà entendue sur Rabbit Fur Coat, l’album de Jenny Lewis and The Watson Twins… où elle fait une apparition très remarquée aurpès d’autres invités.
Hop, M. Ward dans la playlist !
Tracklist:1. Poison Cup / 2. To Go Home / 3. Right in the Head / 4. Post-War / 5. Requiem / 6. Chinese Translation / 7. Eyes on the Prize / 8. Magic Trick / 9. Neptune’s Net / 10. Rollercoaster / 11. Today’s Undertaking / 12. Afterword/Rag