David Bowie - Young Americans
N’en déplaise à Mister Cham, j’ai promis une semaine complète Around The Beatles… et je vais m’y tenir. Maintenant, c’est vrai que l’idée de programmer un jour une semaine Around The Cure est tentante, je le remercie de l’idée… Maintenant, une semaine autour du thème des Beatles ne veut pas dire une chronique chronologique et systématique de toute la discographie du groupe… On ne s’en sortirait pas et les arguments viendraient peut-être à manquer… Non, on va aller un poil plus loin que ça…
On va plus précisément à Philadelphie en 1974. David Bowie sort d’un live dantesque (Live justement) qui entérine sur scène son unique concept album Diamond Dogs. Premier album live sorti officiellement, Live est une claque sur laquelle se mêlent les influences rock des débuts du Thin White Duke (la playlist issue d’Aladdin Sane) et les influences progressives que Bowie a assimilées, déjà aidé par Brian Eno, et resservi dans une synthèse flamboyante la même année. Mais David Bowie est une éponge musicale… partout où il passe, il absorbe les influences et les couleurs musicales pour en faire ses jouets. De Philadelphie, il reviendra avec trois choses : la musique soul, la cocaïne et Young Americans.
Rarement un virage artistique aura été aussi brutalement négocié. Les guitares hurlantes du génocide rock’n roll de Diamond Dogs cèdent la place aux saxophones et aux choeurs de Young Americans - le single. La pochette dit tout : flou artistique, brushing parfait et délicate fumée de cigarette. Un univers complètement neuf dans lequel David Bowie se sent aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau. Une préfiguration de la musique disco qui fera fureur, à Philadelphie même, son berceau, quelques mois plus tard. Encore un domaine dans lequel Bowie est en avance sur tout le monde !
Pourquoi Young Americans en plein milieu d’une semaine Beatles ? Les inconditionnels de David Bowie le savent bien : sur cet album, John Lennon fait cadeau à David Bowie de Across The Universe - extrait du jour sur un coup de tête : - chanson fétiche de la fin de carrière des Beatles, directement inspirée par Lennon et enregistrée tout d’abord comme un single avant d’être placée sur Let It Be, l’album testament. En compagnie même de Lennon, Bowie retravaille la chanson pour en faire un véritable petit bijou de musique soul et donner toute la puissance possible au morceau. D’une voix incroyablement fine, il propulse la chanson à des hauteurs insoupçonnées, loin du titre original. Ce n’est plus un hommage, c’est une réappropriation complète du morceau. Un cover parfait !
PS : pour les pointilleux, on notera que Across The Universe n’est pas la seule trace des Beatles dans Young Americans. Ce petit I heard the news today oh boy… qui ponctue la fin du morceau titre, c’est A Day In A Life qui passe en clin-d’oeil !
Tracklist: 1. Young Americans / 2. Win / 3. Fascination / 4. Right / 5. Somebody Up There Likes Me / 6. Across The Universe / 7. Can You Hear Me / 8. Fame











novembre 30th, 2006 13:41
Y'a aussi la chanson “Fame” avec Lennon il me semble non?
Sinon, en album concept, ya aussi “Outside” (une réussite de plus à l'actif du père David).
novembre 30th, 2006 14:22
je ne connaissais pas cette reprise. bowie a fait un joli travail d'interprétation! merci en tout cas de m'avoir fait découvrir ça.
novembre 30th, 2006 23:17
J'ai aussi modestement chroniqué ce disque : http://zicdelanmil.over-blog.com/article-2609013.html
Personnellement, comme je suis pas trop “soul”, j'ai pas franchement accroché à cet album, même si c'est la reprise de Across The Universe qui m'a finalement le plus plu.
jp : bien d'accord avec toi, l'album Outside (avec lequel j'ai commencé à vraiment découvrir Bowie) est une vraie tuerie. C'est le cas de le dire. :-)
octobre 10th, 2007 10:16
Qui passe à côté de Bowie sans l'écouter
râte toute sa vie………………….