Coroner - I Want You (She’s So Heavy)
Jeudi 30 novembre 2006Tiens, on va continuer avec quelques reprises histoire de faire avancer la question…
Tiens, on va continuer avec quelques reprises histoire de faire avancer la question…
N’en déplaise à Mister Cham, j’ai promis une semaine complète Around The Beatles… et je vais m’y tenir. Maintenant, c’est vrai que l’idée de programmer un jour une semaine Around The Cure est tentante, je le remercie de l’idée… Maintenant, une semaine autour du thème des Beatles ne veut pas dire une chronique chronologique et systématique de toute la discographie du groupe… On ne s’en sortirait pas et les arguments viendraient peut-être à manquer… Non, on va aller un poil plus loin que ça…
On va plus précisément à Philadelphie en 1974. David Bowie sort d’un live dantesque (Live justement) qui entérine sur scène son unique concept album Diamond Dogs. Premier album live sorti officiellement, Live est une claque sur laquelle se mêlent les influences rock des débuts du Thin White Duke (la playlist issue d’Aladdin Sane) et les influences progressives que Bowie a assimilées, déjà aidé par Brian Eno, et resservi dans une synthèse flamboyante la même année. Mais David Bowie est une éponge musicale… partout où il passe, il absorbe les influences et les couleurs musicales pour en faire ses jouets. De Philadelphie, il reviendra avec trois choses : la musique soul, la cocaïne et Young Americans.
Rarement un virage artistique aura été aussi brutalement négocié. Les guitares hurlantes du génocide rock’n roll de Diamond Dogs cèdent la place aux saxophones et aux choeurs de Young Americans - le single. La pochette dit tout : flou artistique, brushing parfait et délicate fumée de cigarette. Un univers complètement neuf dans lequel David Bowie se sent aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau. Une préfiguration de la musique disco qui fera fureur, à Philadelphie même, son berceau, quelques mois plus tard. Encore un domaine dans lequel Bowie est en avance sur tout le monde !
Pourquoi Young Americans en plein milieu d’une semaine Beatles ? Les inconditionnels de David Bowie le savent bien : sur cet album, John Lennon fait cadeau à David Bowie de Across The Universe - extrait du jour sur un coup de tête : - chanson fétiche de la fin de carrière des Beatles, directement inspirée par Lennon et enregistrée tout d’abord comme un single avant d’être placée sur Let It Be, l’album testament. En compagnie même de Lennon, Bowie retravaille la chanson pour en faire un véritable petit bijou de musique soul et donner toute la puissance possible au morceau. D’une voix incroyablement fine, il propulse la chanson à des hauteurs insoupçonnées, loin du titre original. Ce n’est plus un hommage, c’est une réappropriation complète du morceau. Un cover parfait !
PS : pour les pointilleux, on notera que Across The Universe n’est pas la seule trace des Beatles dans Young Americans. Ce petit I heard the news today oh boy… qui ponctue la fin du morceau titre, c’est A Day In A Life qui passe en clin-d’oeil !
Tracklist: 1. Young Americans / 2. Win / 3. Fascination / 4. Right / 5. Somebody Up There Likes Me / 6. Across The Universe / 7. Can You Hear Me / 8. Fame
Question pour la forme… encore que ceux qui veulent y répondre pour de vrai peuvent très bien utiliser les commentaires, ils sont là pour ça.
Question pour la forme donc. Dans la discographie originale studio des Beatles, quel est réellement le meilleur album ? Lequel doit-on retenir d’un peu plus de 6 ans de création absolue, d’exploration sonore débridée et d’enregistrements parfois intensifs ?
Nos amis les encyclopédistes du rock brandiront sans doute et sans hésitation le rouge vif du Sergent Pepper’s Lonely Heart Club Band. Tout cet album est devenu la marque même des Beatles, le prototype du Concept-album. L’album castrateur de l’année 1967, qui à force d’être martelé comme une référence plongea dans 20 ans d’oubli le Pet Sounds des Beach Boys et le premier et sublime The Velvet Underground & Nico à la célèbre banane…
Mais je m’interroge quand même. Sgt. Pepper est bel et bien une gigantesque claque. Je ne le discute pas. Mais est-elle la meilleure ? La plus grande ? La plus belle ? J’ai toujours… enfin depuis que mon histoire avec les Beatles a débuté sérieusement, j’ai toujours pensé que Revolver méritait mieux que sa place d’éternel troisième derrière le Sergent et le double White Album. Sans pouvoir analyser l’impact de l’époque, et avec tout le recul du jeunot du rock que je suis… Revolver éveille en moi plus de “whaaaa” que les autres albums de Beatles.
Oh bien entendu, nulle question ici de concept. Album de transition indispensable après Rubber Soul, Revolver n’est qu’une suite de morceaux dont lien est assez ténu. Mais que d’inventivité. Les jeux de stéréo de Taxman - dont je ne peux profiter aujourd’hui vu l’état actuel de mon casque audio - les cordes entêtante de l’incroyable Eleanor Rigby - extrait du jour sur un coup de tête : - des mélodies qui collent incroyablement aux textes sur Good Day Sunshine ou I’m Only Sleeping (et les premiers enregistrements passés à l’envers sur ce dernier…)… les premiers morceaux indiens de Georges Harrison (Love You To) et l’amorce du psychédélisme avec Doctor Robert et le fabuleux Tomorrow Never Knows…
Revolver est le laboratoire, la scène de répétition de la gigantesque machinerie psyché des Beatles. Un peu comme je l’avais déjà évoqué pour AC/DC en comparant la mission d’exploration de Let There Be Rock aux conquérants de Highway To Hell… Revolver est cette mission d’exploration lancée par Paul McCartney, John Lennon, Georges Harrison et Ringo Starr à travers les terres inconnues de la musique rock et de la musique pop… Avec Revolver, une brèche s’est ouverte. En grand. Une génération entière va s’y engouffrer…
Tracklist: 1. Taxman / 2. Eleanor Rigby / 3. I’m Only Sleeping / 4. Love You To / 5. Here, There And Everywhere / 6. Yellow Submarine / 7. She Said She Said / 8. Good Day Sunshine / 9. And Your Bird Can Thing / 10. For No One / 11. Doctor Robert / 12. I Want To Tell You / 13. Got To Get You Into My Life / 14. Tomorrow Never Knows
Après les commentaires enfiévrés de la semaine dernière, à propos de la guerre Beatles/Stones, je préfère prévenir de suite : les chroniques de cette semaine vont graviter autour de la galaxie The Beatles. Tout d’abord parce que les quatre garçons dans le vent sont d’actualité, avec la sortie de Love, cet inutile album de remixes. Et ensuite, parce que ça fait un moment déjà que je me garde quelques idées de choniques sur des perles connues ou non des Fab’Four. Autant en profiter un peu pour faire une thématique !
D’ailleurs, on va commencer de suite avec un album qui date de 1970, soit quelques mois après la séparation officielle du groupe de Liverpool. Chacun des Beatles voyage alors vers ses projets perso : John Lennon entame sa carrière solo et milite contre la guerre du Viet-Nam avec Yoko Ono. Paul McCartney commence à faire chanter Linda… et Georges Harrison de son côté continue son exploration des rythmes et mélodies asiatiques et indiennes. Une exploration qu’il avait déjà commencé en 1966, du temps de l’enregistrement de Revolver, en suivant les pistes tracées par Ravi Shankar… Et c’est donc en 1970, toujours dans cet esprit de découverte, qu’Harrison monopolise les studios Apple, studios mythiques des Beatles, pour l’enregistrement de ce The Radha Krsna Temple.
Album étrange, jamais réédité en CD, The Radha Krsna Temple regroupe en fait une série de sept chants traditionnels des adorateurs de Krishna, adpetes du Radha Krsna Temple de Londres. En utilisant instruments traditionnels et méthodes d’enregistrement modernes, Geogres Harrison donne en quelques sens naissance à la fois à la musique New-Age et à la World Music. Agrémenté ici ou là de guitare moderne, le principal des mélodies de The Radha Krsna Temple tient dans les voix hypnotiques des adeptes (Govinda Jaya Jaya - extrait du jour : ) et dans jeux de tambourins et de clochettes qui rythment les morceaux.
Curieux.
Hypnotique.
Reposant.
A découvrir…
Tracklist: 1. Govinda / 2. Sri Gurvastakam / 3. Bhaja Bhakata / 4. Hare Krsna Mantra / 5. Sri Isopanisad / 6. Bhajahu Re Mana / 7. Govinda Jaya Jaya
On continue la semaine des invités ? Mister Cham est un habitué et ses goûts musicaux n’auront échappés à aucunlecteur attentif des commentaires de DiscoBlog… il tient également son blog, Pensées et autres Futilités, que je vous invite à visiter…
Lecteur de ce blog depuis son premier billet, c’est avec un grand honneur que je passe - un très court instant je vous rassure - de l’autre côté de l’admin ;-)
Plutôt que vous entretenir d’un album, ce que le maître des lieux fait bien mieux que moi, je vais vous raconter mon éducation musicale, histoire de donner un brin de légitimité à certains de mes commentaires… ;)
Tout a commencé, plutôt bien je trouve, en 1969, avec mon oncle qui tripait grave sur Ummagumma des Pink Floyd. Quoi que puisse en penser François, Several Species of Small Furry Animals Gathered in a Cave…, c’est bien plus transcendant que la comptine d’un mobile tournant au-dessus de son lit, et ce même à 5 ans… Quant à Set the Controls for the Heart of the Sun… Hmmmm quelle sublime berceuse… et Careful With that Axe Eugene, un must pour l’adrénaline ! Pour parfaire l’intro, sachez aussi que le tonton, assez ouvert d’esprit, sonorisait fougueusement ses moments de grosse pêche avec My Generation…
A la maison mon père était assez anglophobe, du coup c’était plutôt Brassens, Ferré, Ferrat qui tournaient sur la valise Pick-Up. Il y avait bien ma maman qui donnait du rythme avec Johnny et la variet’ british des Beatles, mais là j’ai zappé…
Plus tard, quand j’ai commencé à aller emmerder mes grand(e)s cousin(e)s dans leurs piaules enfumées, j’ai découvert Leonard Cohen, Donovan, Dylan, The Moody Blues, The Kinks, The Doors… et les Stones ! C’est avec eux, le Floyd et les Who que je vais apprendre la gestion d’un pécule d’argent de poche. Car s’il était indispensable de posséder tous leurs 33T (Imports compris…), il fallait aussi se trouver quelques badges et autres écussons pour la veste en jean… sans oublier la diversification avec Led Zep, Status Quo, Fleetwood Mac, les places de concert… N’en déplaise à mon ami Pascal Negre, avec les potes, pour y arriver, on abusait comme des gorets du P2P de l’époque, la Mini K7…
Alors que sonnait la fin des 70’s et du baba-coolisme, force fut de constater ma résistance ! Le mouvement punk me passa donc un peu au-dessus des ouies. Il faut dire que c’est aussi la période de la découverte des subtilités féminines… Et emballer sur Stairway to Heaven est nettement plus simple que tout suant après à un pogo sur Nevermind ! Et le Disco? …bah là aussi j’ai zappé ! Le froc pattes d’eph’ et la veste à paillettes ne m’allaient pas vraiment ;-)
C’est donc avec les plus grands de la scène rock que je me suis forgé un bouclier pour affronter les épouvantables 80’s… Enfermé dans ma bulle, fuyant le monde nouveau sur du Eno, du Zappa… pour conjurer le triste et sombre univers pré formaté et glacial de la New Wave. Je suis resté pas mal de temps bloqué sur le passé, à penser que la musique avait cesser vers la fin 76, comme la légende des Verts à Glasgow… A quelques exceptions près toutefois, avec du Hard ou du Metal, je citerais AC/DC, mais aussi Aerosmith, Scorpions, Queen, pour l’international, Téléphone et Trust pour la langue de Molière ;-) .
Enfin ce n’est qu’avec le récent retour en grâce du rock (qui, c’est entendu, will never die !) et de la pop que je suis de nouveau très attentif à l’actu musicale. Et ce avec Discoblog bien sûr… ! Ainsi je ne me considère pas (plus ?) comme un vieux c.n, mais avouez tout de même qu’après le caviar qui me façonna l’oreille, certaines cuisines réchauffées d’aujourd’hui ont forcément du mal à passer…
La semaine des invités continue sur DiscoBlog. Aujourd’hui, c’est Fab, webmaster du blog Zik de l’An Mil qui nous livre une petite merveille issue de sa collection de 33 tours. Attention aux oreilles, c’est du sérieux !

J’ai récemment hérité de mon grand-père quelques vinyls d’époque. Parmi ceux-là, se trouvaient essentiellement du jazz et du classique, mais aussi, quelques pièces de rock qui avaient en fait appartenu à mon père, du temps de sa jeunesse.
Il était carrément Beatles, le paternel, au point qu’au moment de quitter le foyer parental, il a embarqué tous ses 33 des Fab Four en laissant SON disque des Stones chez ses vieux. Ça a permis de me faire une surprise, plusieurs décennies après.
Les disques des Beatles, je suis personnellement tombé dedans à ma pré-adolescence et, pendant quelques années, je n’ai pratiquement juré que par ça, au point de faire preuve d’un dévastateur misonéisme à l’époque des Pixies et de Nirvana.
Aujourd’hui, je garde toujours dans ma discothèque une place particulière aux Beatles mais j’essaie de m’ouvrir à un maximum de trucs. Evidemment, en 2006, l’ancienne guéguerre qui opposait jadis les Beatlemaniaques aux fans des Stones (alors que les groupes étaient copains) parait plus que ridicule. Je ne voue donc aucune rancune particulière aux pierres qui roulent, bien au contraire. Seulement, s’ils ont écrit de nombreux standards qu’il serait maladroit d’énumérer ici, je trouve que leur tout-venant fait plutôt office de remplissage entre les tubes. Ainsi, Exile On Main Street, pourtant généralement considéré par les puristes comme étant le meilleur album des Rolling Stones, avec son blues roots, sa production cheap et sa double longueur m’a plutôt ennuyé. J’ai été un peu plus satisfait de Goats Head Soup (qui contient le fameux Angie), plus varié mais certainement plus commercial. C’est pourquoi j’ai été intéressé par ce Stone Age, il allait me donner un nouvel éclairage sur un groupe dont je regrette de ne pas comprendre ce qu’il peut avoir de si mythique.
J’ai d’abord cru avoir à faire à un album-studio original et, en me documentant, j’ai premièrement constaté que très peu d’infos était disponible sur le net à son sujet et que, même le Dictionnaire de Michka Assayas l’ignorait. En glanant quelques renseignements, j’ai quand même appris que ce disque était en fait une compilation, la dernière publiée par Decca avant le départ de Keith, Mick et leurs amis. Sans doute afin d’en tirer le parti maximum. Rien sur la pochette, à part éventuellement son titre, ne laissait transpirer cet état de fait (arnaque?), mais à l’écoute, on se rend compte que le son est bien différent d’un morceau à l’autre (celui de Look What You’ve Done est même pas loin d’être carrément pourri) et le disque ne fait pas preuve d’une grande unité. Par contre, je ne sais pas quel était le thème de cette compile, qui n’est visiblement pas un recueil de hits : à part le cultissime Paint It Black (que j’adore) et un peu My Girl, je ne connais aucune des chansons présentes ici.
Beaucoup sont des reprises de blues ou de r’n'b. A l’époque, l’expression rythm’n'blues avait encore un rapport éthymologique avec la musique qu’elle désignait et cette dernière était infiniment plus respectable que le arènebi d’aujourd’hui qui consiste surtout à geindre mollement sur des rythmiques synthétiques et sur lequel les chanteuses se sentent obligées de pousser des trémolos (énervants) à la fin de chaque phrase. Seules One More Try, As Tears Go By, Paint It Black, The Last Time et Blue Turns To Grey sont signées Jagger/Richards mais, à part Paint It Black, elles ne dénotent pas trop avec les reprises.
Il faut avouer que si les Beatles avaient été un bon groupe d’interprètes de covers, les Rolling Stones était un très grand groupe de reprises. Leurs versions ne dénaturent jamais les originales (Around And Around de Chuck Berry ressemble autant à un morceau de Chuck Berry que peut y ressembler un autre morceau de Chuck Berry), mais gardent néanmoins toujours une fraîcheur et une touche personnelle caractéristique des pierres-qui-n’amassent-pas-mousse. Par contre, pour ce qui est du génie créatif, je persiste à dire que les Beatles jouaient au moins une division au-dessus.
En tout état de cause, cette compilation dont l’intérêt, si j’ai bien compris, était surtout de présenter aux fans européens des titres qui n’avaient été publié que sur les versions américaines des précédents albums, procure un réel mais gentillet plaisir à son auditeur. On ne s’ennuie pas (c’est déjà ça), on admire la cohésion du groupe mais, à part sur Paint It Black, on n’a pas trop l’occasion de crier au génie.
Finalement, après ce disque, les Rolling Stones occupent toujours la même place dans mon estime, à savoir celle d’un des rares groupes que je tolérerais d’écouter sous forme de compilation. Mais pas celle-là. C’est une compile pour fans, ça.
Tracklist:
Face 1 : 1. Look What You’ve Done / 2. It’s All Over Now / 3. Confessin’ The Blues / 4. One More Try / 5. As Tears Go By / 6. The Spider And The Fly
Face 2 : 1. My Girl / 2. Paint It Black / 3. If You Need Me / 4. The Last Time / 5. Blue Turns To Grey / 6. Around And Around