Mike Oldfield - Ommadawn
Je vous avais prévenus, on sort aujourd’hui de la musique folk…
Mike Oldfield est surtout connu pour ses chansons pop des années 1980 (comprendre Moonlight Shadow ou To France) et pour l’infime fraction des Tubular Bells qui sert d’introduction musicale au film l’Exorciste. Sorti de là, Mike Oldfield est inconnu du grand public…
A tort ?
A tort… oui. Rien que l’audition de Tubular Bells, cette symphonie pop moderne, devrait convaincre n’importe qui du talent, voire du génie de Mike Oldfield. Même si je n’apprécie sans doute pas Tubular Bells à sa juste valeur - trop haché à mon goût, trop recollé, pas assez uni - je dois bien admettre que cette utilisation d’instruments aussi divers que la guitare électrique et le grand piano, cette reprise de thèmes musicaux sur plus de 40 minutes d’une étrange symphonie force mon admiration. Tubular Bells est un morceau majeur des années 1970. Voilà, c’est dit.
Pourtant, Tubular Bells n’est rien au regard d’Ommadawn.
Troisième composition originale de Mike Oldfield, Ommadawn sort trois ans après Tubular Bells (soit 1975). Et là où Tubular Bells tenait ses influences rock, Ommadawn tire ses racines de l’environnement proche d’Oldfield, les chants et les groupes traditionnels d’Hereford. S’y noient ainsi des solos de guitares ennivrants et des airs traditionnels tout bonnement vertigineux. Le tout mixés dans une unité musicale à couper le souffle.
Jamais Mike Oldfield ne perd le thème principal de l’album de vue tout au long des presque 40 minutes de celui-ci, à la manière des compositeurs de symphonies du XIXe siècle. Des accords de guitares initiaux aux morceaux de flûtes qui peuplent la face B (oui, je parle en 33 tours), en passant par cet incroyable chant gaëlic (ou irlandais, les fans ne se sont toujours pas mis d’accord) qui clôture presque la première partie de l’album… Ommadawn reste emprunt d’un rythme unique, d’une atmosphère unqiue et ennivrante. Entêtante. Hypnotisante… Rares sont les albums dont l’unité musicale est telle ! Très rares…
Ommadawn est moins connu, et surtout moins médiatisé, que Tubular Bells. Dommage, car c’est derrière cette pochette au visage voilé de Mike Oldfield que se cache en fait le chef d’oeuvre du compositeur. Peut-être même toutes les racines d’une musique à la fois world et new-age…
C’est définitivement par Ommadawn qu’il faut passer pour comprendre la musique d’Oldfield et enfin toucher sa perfection !
Plus prosaiquement…
Au moins, avec cet album, je ne vais pas m’embêter à vous proposer un extrait du jour. Ommadawn ne regroupe que deux pistes d’environs 20 minutes chacunes, que je me garderais bien de couper d’une quelconque façon… A vous de vous montrer curieux si vous ne connaissez pas cette oeuvre majeure et de vous précipiter dans les bacs de votre discaire favori. Rassurez-vous, les oeuvres de Mike Oldfiled finissent maintenant régulièrement dans les bacs à moins de 8 euros.
Au rabais ?
mmh… Ca a au moins le mérite de les rendre accessibles à tous.
Tracklist: 1. Part One / 2. Part Two
MikeOldfield.org, le site officiel de Mike Oldfield.
Tubular.net, le plus grand site de fans consacré à Mike Oldfield.
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septembre 12th, 2006 00:02
Mon préféré aussi.
Mais la quadrilogie initiale et initiatique d’Oldfield semble faire une oeuvre parfaite : Tubular Bells, Hergest Ridge (souvent oublié aussi), Ommadawn et Incantations.
Après, les albums sont très bons (Crises et son morceau titre magistral, Five Miles Out et son Taurus monumental, le glacant Killing Fields, les pepites pop offertes en single ou non, les morceaux planqués dans les recoins - Orabidoo, High places, I got rythm et j’en passe…), mais à mon sens il faut attendre Amarok pour retrouver la folie et le génie de ces 4 là, et tutoyer la perfection d’un Ommadawn.
Personellement, je pleure à chaque fois qu’arrive la fin de Ommadawn Part 1.
septembre 12th, 2006 20:58
Grand amateur de Tubular Bells, j’ai été déçu par Hergest Ridge (http://zicdelanmil.over-blog.com/article-528746.html), et une seule écoute d’Ommadawn n’avait pas réussi à me convaincre de continuer à explorer la disco de M.O.
Mais cet article enthousiaste devrait m’inciter à revoir mon propos et à me pencher un peu plus longtemps sur ce disque.
Bravo et merci.
septembre 13th, 2006 22:02
Fab de l’an Mil : Hergest Ridge est une oeuvre pastorale qui, dans sa conception, est à la fois une suite logique de TB, mais aussi son opposé. En effet, il ne travaille plus en rupture de themes mais essaye plutot de faire s’etirer les passages musicaux et les faisant fondre les uns dans les autres.
A noter qu’il faut absolument écouter la version vinyl d’époque (74 je crois). En effet, en 76 sort un coffret intitulé “Boxed” comprenant les 3 premiers albums et des inedits, et Mike retoucha les mixes des albums. Le mix d’Hergest Ridge “Boxed” devint alors l’officiel pour toutes les sorties ultérieures.
Le mix d’origine est relativement différent et est, à mon sens, meilleur.
avril 12th, 2007 21:57
OMMADAWN… la première partie (face 1) je la connais par coeur… et je la redécouvre à chaque écooute tant elle est riche. Le final est extraordinaire, précédé d’un solo rapide époustouflant, puis supeposant voix à connotations celtiques (mais dans une langue inventée par la chanteuse Clodagh Simmonds… le texte ne signifie rien, Oldfield lui-même le certifie) et percussions africaines, avec une ligne de base divine et un mur de guitares sans faille ! Tout dans cette partie respire aussi le fantastique, les légendes, le début est tout en retenue avent l’explosion finale…
En passant, pour découvrir Oldfield, écoutez aussi attentivement DISCOVERY et AMAROK.