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Archive for août, 2006

Brian Eno - Apollo : Atmospheres & Soundtracks

Mardi 29 août 2006

Brian Eno - Apollo : Atmospheres & Soundtracks

C’est en 1982 qu’un documentaliste de la NASA contacte Brian Eno. Son but ? Créer un film à partir de l’immense base documentaire laissée par l’aventure Apollo. A charge pour Brian Eno de créer une bande son qui accompagnera les images de l’espace, de l’approche et de l’alunissage, et des premiers pas de l’homme au delà du sol terrien.

Brian Eno accepte. Et c’est peu de le dire. Comme il l’évoque au dos de la pochette de Apollo : Atmospheres & Soundtracks, l’évènement cosmique du 21 juillet 1969 l’a sidéré, comme des millions de terriens. Mais la retransmission qu’en ont fait la NASA et les télévisions américaines l’a toujours plus ou moins déçu. Trop factuelle. Les premiers pas de l’homme sur la Lune ont été traités comme le énième sacre d’une reine, à la façon des actualités du soir. Il a toujours trouvé qu’il y manquait ce petit rien de rêve et de poésie qui fait, quoi qu’on puisse en dire, partie de l’aventure spatiale.
On comprend mieux qu’Eno ait sauté sur cette occasion. Ce genre d’occasion qui ne se présente en fait qu’une seule fois dans l’histoire de l’humanité. Le film ne sortira finalement que 7 ans plus tard, en 1989. Et la bande son voulue se verra amputée d’une bonne partie de ses morceaux…

Heureusement, il reste un disque : Apollo : Atmospheres & Soundtracks, qui permet d’écouter ce qu’aurait dû être, dans son intégralité, la bande son imaginée par Brian Eno, son frère Roger Eno et le futur producteur Daniel Lanois. Un album d’ambient, bien entendu, dont les pistes retracent chacune des étapes des voyages spatiaux.
Quelques morceaux purement aériens (The Secret Place, An Ending (Ascent), Drift…), d’autres d’inspiration plus sous-marine (Matta) et d’autres enfin sur lesquels la guitare de Daniel Lanois donne un relief incroyable au ciel lunaire (Understars II - extrait du jour :
- et Weightless). Bien entendu, ceux qui n’aiment pas l’ambient ne trouveront là qu’un mélange cacophonique de sons et de notes bizarres. Mais pour ceux qui adhèrent à ce genre de musique, le voyage spatial est assuré…

A noter, pour ceux qui se diraient que certaines notes d’Apollo : Atmospheres & Soundtracks leur semblent familières que Deep Blue Day a servi pour la B.O. du film Trainspotting… dont on reparlera certainement ici un de ces jours…

Tracklist: 1. Understars / 2. The Secret Place / 3. Matta / 4. Signals / 5. An Ending Lascent / 6. Understars II / 7. Drift / 8. Silver Morning / 9. Deep Blue Day / 10. Weightless / 11. Always Returning / 12. Stars

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Bob Dylan - Modern Times

Mardi 29 août 2006

Bob Dylan - Modern Times

Modern Times.
Les Temps Modernes.
C’est sous ce titre qu’est sorti hier en France le énième album studio de Bob Dylan. Un nouvel album de la part de Bob Dylan, c’est toujours un peu un évènement. Quelque chose d’à la fois très attendu… et très inatendu…
Attendu, parce qu’on est toujours impatient, quelque part, de connaître les dernières compositions du maître. Inattendu, parce que justement, on ne sait jamais réellement de quoi pourront être faites ces compositions. Peintures sociales ? Chansons d’amour ? Rêves délirants ? Impossible de prévoir quoi que ce soit avant que la voix rocailleuse du Zim’ ne pénètre nos oreilles.

Avec Modern Times, c’est la même chose. Je ne savais réellement pas à quoi m’attendre avant que le CD ne commence à tourner dans mon lecteur. Pas un coup d’oeil aux critiques des sites américains, je voulais attaquer l’album sans arrières-pensées.

La galette démarre sur Thunder On The Mountain, un bon vieux rock tout droit sorti des sixties, de Bringing It All Back Home et de Highway 61 Revisited. Quelques guitares à la Chuck Berry, mais pas trop ni trop fort. Modern Times s’annonce plutôt rock que folk après cette première piste.
Spirit On The Water, seconde piste, arrive. Plus calme. Une vraie petite ballade Dylannienne, celle-là. Posée, autant que le peut la voix de Bob. Et l’album se répète ensuite suivant ce schéma d’ouverture. Alternant rock Made In Dylan (Rollin’ And Tumblin’ ou Someday Baby - extrait du jour :
) et une grande majorité de ballades et autres chansons douces signées Bob. Et ce tout le long des 10 pistes de l’album.

Oui, seulement 10 morceaux. Mais 10 chansons façon Bob Dylan, pratiquement rien en dessous de cinq minutes de cordes.
Seulement voilà…
Seulement 10 pistes.
Cette brièveté de l’album, et cette prépondérance des chansons d’amour sur les morceaux plus polémiques ou rock, a fait dire à bon nombre de critiques anglosaxons que Modern Times était lent, mou, voire sans vie.
Je n’irai sans doute pas aussi loin. Modern Times, sans pour autant être un album mort, me fait surtout penser à un récital bien orchestré et bien rodé, que le Zim’ se fait un plaisir de nous sortir à l’heure du thé (une oreille sur Beyond The Horizon, titre le plus représentatif de cet esprit…). Un peu comme le Rat Pack servait ses mélodies avec science dans les années 1960.

Mais bon, en y repensant bien, il y a toujours eu deux Bob Dylan… Le chantre, malgré lui quelque part, de la contre-culture américaine qui érige Blowin’ In The Wind ou The Times They Are A-Changin’ en hymnes sixties. Et l’autre, plus calme, qui fait de Don’t Think Twice (It’s Alright) ou de Shelter From The Storm les plus belles chansons de rupture, et d’amour du même coup, que l’on puisse imaginer. Sur Modern Times, c’est le second qui domine, à grand coup de guitares douces et de balais sur les batteries. Ce n’est pas forcément un mal, c’est juste une surprise de plus dans la carrière du Zim’. Un peu plus d’inatendu…
Et à force d’écouter l’album, on se rend bien compte que c’est une sacrée bonne surprise après tout !

Tracklist: 1. Thunder On The Mountain / 2. Spirit On The Water / 3. Rollin’ And Tumblin’ / 4. When The Deal Goes Down / 5. Someday Baby / 6. Workingman’S Blues #2 / 7. Beyond The Horizon / 8. Nettie Moore / 9. The Levee’S Gonna Break / 10. Ain’T Talkin’

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dEUS - The Ideal Crash

Vendredi 25 août 2006

dEUS - The Ideal Crash

Figure emblématique du rock belge au tournant du millénaire, avec entre autres K’s Choice et Venus, dEUS a fait tourner Instant Street sur la plupart des radios d’Europe. Provoquant une vague de sympathie pour les musiciens d’outre-Quévrain sans précédent depuis, disons, Adamo et Johnny Halliday.

Modèle type d’air pop, en pleine période de renouveau du genre, Instant Street est un peu construit à la manière du A Day In A Life des Beatles. Une ritournelle simple, voire simplissime, et surtout entêtante, qui hypnotise la platine jusqu’à son explosion finale, sa deconstruction totale. Un peu sur les traces de certains morceaux du O.K. Computer de Radiohead. Un peu.

Pourtant, même si Instant Street est toujours quelque part l’hymne d’une génération, d’une période vénérée par les Inrocks et pierre angulaire d’une certaine culture musicale Bobo, Instant Street donc n’est pas réellement représentatif du travail musical de dEUS sur The Ideal Crash. A écouter l’album dans son intégralité, Instant Street serait plutôt l’exception, le morceau sage, dans un album qui tire bien plus loin qu’il n’y paraît.
The Ideal Crash est en fait un hybride. Une sorte d’expérience génétique issue du croisement des influences rocks estampillées nineties et de l’héritage de la scène trip-hop qui achève sa totale explosion au moment où sort l’album. Rock, définitivement, par son instrumentation - difficile de trouver des guitares plus riffées et maltraitées dans la pop belge que sur Everybody’s Weird ou Put The Freaks Up Front… - ce sont pourtant des rythmes et des boîtes electros qui cimentent l’ensemble de l’album comme sur Sister Dew (le plus doux, extrait du jour :
), One Advice, Space ou encore The Ideal Crash. Des morceaux, qui pour certains pourraient être dignes du Dummy de Portishead ou du Protection de Massive Attack, voix féminines en moins bien entendu !

Mix d’influences donc, mais mix finalement parfait. Dans un genre qu’on pourrait presque qualifié de post-pop si l’on osait réellement. dEUS tient là le haut du panier, devant des groupes comme Day One totalement oubliés depuis, et pourtant loin d’être moins méritants.

Plus rock qu’il n’y paraît
Moins pop aussi peut-être…

A ranger au chaud, dans la discographie idéale des années 1990 en tout cas…

Tracklist: 1. Put The Freaks Up Front / 2. Sister Dew / 3. One Advice, Space / 4. The Magic Hour / 5. The Ideal Crash / 6. Instant Street / 7. Magdalena / 8. Everybody’s Weird / 9. Let’s See Who Goes Down First / 10. Dream Sequence N 1

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Johnny Cash - A Hundred Highways

Mardi 22 août 2006

Johnny Cash - A Hundred Highways

A Hundred Highways, le cinquième volume des American Recordings de Johnny Cash, est sorti au début de l’été. L’un des premiers enregistrements posthumes de l’homme en noir à sortir, après le coffret Unearthed et le recueil de gospels My Mother’s Hymn Book disponibles eux aussi sur le label Lost Highway. Vu la profonde amitié qui unissait Johnny Cash et Rick Rubin, le producteur du label, et la quantité monumentale de matériel enregistré par le chanteur de country sous la direction toute relative de ce dernier, il semble évident que d’autres volumes viendront encore compléter la discographie, et la légende de Johnny Cash.

Si A Hundred Highways s’inscrit bien dans la lignée des autres American Recordings par le style, il s’échappe un peu de la trame des précédents par l’inspiration. Ici, pas de hits FM repris par l’homme en noir. Pas de U2, de Depeche Mode ou de Nine Inch Nails. Johnny Cash reprend ici ses propres compositions (I’m Free From The Chain Gang Now, ou encore Like The 309 la dernière chanson qu’il ait jamais écrite) ou explore les standards de la chanson américaine, dont un fabuleux Love’s Been Good To Me - extrait du jour :
- reprise du répertoire de Frank Sinatra, l’autre légende de la musique Made In USA.

Mais quelle que soit l’inspiration de Johnny Cash, et de Rick Rubin, une chose unique résulte des Amrican Recordings. Chaque Piste, chaque reprise devient un incontournable. Loin d’être un énième cover de chaque chansons, les reprises de Johnny Cash rendent seulement l’essentiel de chacune d’elles. Délimitant clairement la place qu’elles occupent dans la mémoire collective américaine.
Plus qu’un hommage, c’est une mise au Panthéon de la culture populaire qu’officie Cash dans son costume noir de cérémonie. Moins sombre et nostalgique que The Man Comes Around, A Hundred Highways ne trahit pourtant pas l’esprit des American Recordings, loin de là. C’est juste une nouvelle page, et quelle page, qui s’écrit à la légende dorée de l’homme en noir !

Tracklist: 1. Help Me / 2. God’S Gonna Cut You Down / 3. Like The 309 / 4. If You Could Read My Mind / 5. Further On Up The Road / 6. On The Evening Train / 7. I Came To Believe / 8. Love’S Been Good To Me / 9. A Legend In My Time / 10. Rose Of My Heart / 11. Four Strong Winds / 12. I’M Free From The Chain Gang Now

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The Cure - Five Swing Live

Lundi 21 août 2006

The Cure - Five Swing Live

Rareté publiée à seulement 5 000 exemplaires, Five Swing Live est un album live de The Cure destiné uniquement aux abonnés du site officiel du groupe. Enregistré en décembre 1996, et sorti en février 1997, il propose cinq pistes de Wild Mood Swings enregistrées pendant la tournée qui a suivi la sortie de l’album…

Ce qui est intéressant avec Five Swing Live, ce n’est pas tant sa rareté que sa tracklist. Unique album live sorti depuis Show et Paris (deux albums issus de la tournée Wish), c’est le seul enregistrement concert officiellement disponible des morceaux de Wild Mood Swing. A une époque où le groupe sort de l’euphorie de Wish et s’attend à retomber, après un temps, dans les humeurs noires qui peupleront Bloodflowers.
Five Swing Live fait donc la synthése de ces humeurs, des euphoriques Club America ou Mint Car, à l’hypnotique Want - extrait du jour :
- ou au dépirmant Treasure. Au passage, peut-être le morceau le plus textuellement déprimant de toute la discographie de The Cure.

Tracklist: 1. Want / 2. Club America / 3. Mint Car / 4. Trap / 5. Treasure

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Peter Gabriel - OVO

Vendredi 18 août 2006

Peter Gabriel - OVO

Peter Gabriel est une éponge.
Prophète avant l’heure de la World Music avec son label Real World, producteur d’une tonne d’artistes aussi divers que Les Tambours du Burundi ou Sheila Chandra, Peter Gabriel croise les influences et les collaborateurs, mélange les genres, mixe les cultures avec une élégance et une facilité déconcertante. Peu d’artistes, hormis petu-être Sting, peuvent se vanter d’absorber un tel melting-pot culturel et musical et d’en ressortir des albums d’une telle cohérence.

OVO, sorti en 2000, est peut-être l’album idéal pour illustrer ce pouvoir de caméléon que possède l’ancien leader de Genesis.

L’album s’ouvre sur The Story Of Ovo - extrait du jour :
- morceau rap et urbain à volonté. Il y a quelques années, j’aurais sans doute fait l’impasse sur cette piste, mais depuis Morcheeba, Gorillaz, Massive Attack ou encore Handsome Boy Modeling School sont passés par là. The Story Of Ovo traîne clairement derrière lui les cordes (vocales) et les rythmiques de la scène trip-hop londonienne de la fin des années 1990.
Suivent Low Light et The Time Of The Turning, deux pistes clairement gabriellienne. The Man Who Loved The Earth/The Hand That Sold Shadows revient sur les influences trip-hop du début de l’album… puis… puis… le reprise de The Time Of The Turning fait basculer le tout dans des rythmes (nord-)africains, avec ses tambours effreinés engagés dans une musique très actuelle.
Un Father And Son très soft, pur Peter Gabriel, The Tower That Ate People qui revient sur les traces électro/rap… Tout l’album oscille ainsi entre les influences diverses. Eparses, mais toujours parfaitement assimilées et retravaillées par le maître.

Peter Gabriel a annoncé son prochain album pour l’automne. Un projet vieux de 15 ans, fruit de multiples collaborations avec des artistes de tous horizons. Gâgeons que ce Big Blue Ball aura la qualité et l’audace d’un Ovo.

Tracklist: 1. The Story Of Ovo / 2. Low Light / 3. The Time Of The Turning / 4. The Man Who Loved The Earth/The Hand That Sold Shadows / 5. The Time Of The Turning (Reprise)/The Weavers Reel / 6. Father, Son / 7. The Tower That Ate People / 8. Revenge / 9. White Ashes / 10. Downside-Up / 11. The Next That Sailed The Sky / 12. Make Tomorrow

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Someone Still Loves You Boris Yeltsin - Gwyn And Grace EP

Jeudi 17 août 2006

Cela faisait un petit moment que je voulais caser cet album en coup de coeur sur DiscoBlog. Juste le temps, en fait, de trouver les mots les plus justes pour vous en parler.

Les fidèles lecteurs de ce blog savent tous que Someone Still Loves You Boris Yeltsin est l’un des petits groupes américains que je suis le plus heureux d’avoir dégoté sur le Web. Une petite perle venue du coeur du pays de l’oncle Sam.

Leur premier album, Gwyn And Grace, en fait un EP de 8 pistes, fleure bon l’enregistrement dans le salon et le gravage sur l’ordinateur de la chambre. Vous savez bien, les pistes ont ce côté aéré et aérien qu’il est pratiquement impossible de reproduire dans un studio professionnel. Ce côté “les-intruments-sont-proches-les-uns-des-autres”. Ca rend Gwyn And Grace plus folk et plus doux (I Am Powerful And Warm, sans conteste la chanson qui reste le mieux dans la tête - extrait du jour :
- ou encore Organ Girl par son côté un poil flower-power…) que son successeur Broom. Même si, bien sûr certaines pistes sont plus rock que d’autres (Accident par exemple, reprise d’un autre groupe indépendant américain, Mommyheads, dont le chanteur Michael Holt poursuit une carrière solo…).

Du coup, l’enregistrement rend également le groupe plus accessible, plus proche… C’en est preque émouvant tellement ça sonne vrai…

PS : Pas de pochette pour l’album du jour ? Eh non ! Gwyn And Grace est une complète autoproduction, jusque sur la pochette faite maison à partir de vieilles coupures de magazines… Donc, la pochette de mon album, je la garde pour moi ! Na !

Tracklist: 1. The Clod And The Pebble (William Blake) / 2. I Am Powerful And Warm / 3. Let’s Get Tired / 4. Organ Girl / 5. Accident (Mommyheads Tribute) / 6. You Could Write A Book / 7. We Can Win Missouri / 8. Song W And Song L

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