On parlait de Melody Gardot et de son premier album, Worrisome Heart, il y a quelques jours sur DiscoBlog. Je ne résiste pas, en cette veille de week-end, à partager avec vous le clip du premier single de l’album, Worrisome Heart justement. C’est beau, juste et fin. Bonheur…
PS : DiscoBlog dégringole de la 7e à la 12e place du classement Wikio musique pour le mois d’avril. Bah alors ? Ils sont où mes lecteurs ?
SonyBMG a tout compris. Pour me séduire, il faut de la bonne musique avec une tonne de trompettes façon mariachis. C’est un truc que Howard Hawks avait déjà compris quand il a réalisé Rio Bravo d’ailleurs… Du coup, SonyBMG (enfin, le label Columbia) a produit le premier album solo de Salsedo, l’ancien chanteur de Silmarils, rien que pour moi. Et il a réalisé un clip chicanos pour le premier single de l’album : Mon Amour :
Il fallait pas vous donner tant de peine, mais c’est vrai que ça fait très plaisir tout ça !
Consoler Of The Lonely est le second album du genre de super-groupe formé par Jack White et quelques-uns de ses potes : The Raconteurs. Pour la petite histoire, et parce que le marketing c’est aussi mon travail, Consoler Of The Lonely a été annoncé à la presse une semaine seulement avant sa sortie, raccourcissant ainsi drastiquement les délais de promotions d’habitude tenus par les maisons de disque. Officiellement, c’est pour fournir aux fans, le plus rapidement possible et en tenant compte des délais incompressibles de production, la nouvelle mouture du groupe. Officieusement, il est possible que Jack White ait voulu couper l’herbe sous le pied des pirates et des web-critiques et s’assurer un maximum de ventes avant que l’album ne circule sous le manteau et que trop de monde en dise du mal. Possible… Ca a en tout cas fonctionné avec moi, puisque je le critique un mois après sa sortie et que j’ai acheté l’album le jour même de sa sortie le 25 mars dernier, en même que le dernier Alain Bashung. Sont forts ces gens qui marketing !
Comme j’essayais donc de le formuler il y a tout juste un mois, The Raconteurs sont pour moi les Crosby, Stills, Nash & Young du XXIe siècle. Ca paraît totalement idiot, mais je ne suis clairement pas à une prise de position idiote près sur ce blog… Pour argumenter un truc pareil, je vais avoir besoin de détailler une grosse partie de l’album, et surtout quelques pistes-phares que je peux difficilement passer sous silence. Et forcément, je vais aussi avoir besoin de causer de CSNY et notamment du meilleur album du groupe ricain : Déjà-vu.
Sorti au tout début des années 1970, Déjà Vu est un gros concentré de talents ricains. Quelque chose d’assez planant et d’unique… Mais bizarrement, ce n’est pas la combinaison des talents de Stephen Stills, de Neil Young et des deux autres qui fait la puissance de l’album, ce serait plutôt leur juxtaposition. Ainsi, si les membres du groupe participent à chaque morceau de l’album, on sent tout de même la patte de chacun d’eux sur des morceaux bien précis, des ballades soft de Young sur Helpless aux accords country de Graham Nash sur Teach Your Children Well. Déjà Vu n’est pas un album uni, c’est une mosaïque… c’est ce qui fait sa force.
Vous l’aurez deviné, Consoler Of The Lonely n’est pas non plus un album uni, c’est aussi une grande mosaïque, même si l’identification des talents au travers des pistes est plus délicate (en dehors de Jack White, personne n’est réellement connu en Europe dans le groupe). Avant tout, pour ceux qui ne se sont pas encore précipité sur cette nouvelle production, sachez que la galette est incroyablement bonne, rock et ambitieuse. Le niveau de la production des White Stripes est incroyablement élevée, celle des Raconteurs est de tout aussi haut niveau, quoi que plus accessible. On est finalement bien obligé de comparer les deux groupes tant la personnalité de Jack White est forte.
Consoler Of The Lonely donc et une juxtaposition de talents et de pistes à-la-manière-de. On est très loin de l’album concept, mais ce n’est finalement pas si grave. Consoler Of The Lonely déchire les oreilles tout de même… Le groupe y joue successivement des morceaux proches de Black Sabbath (Consoler Of The Lonely, la piste d’entrée, mais les influences de Icky Thump, le dernier White Stripes, pouvaient laisser présager de ce genre de virage), du Yes des grandes heures (You Don’t Understand Me - extrait du jour après beaucoup d’hésitations : ), voire des tous premiers Rolling Stones (Many Shades Of Black), Bob Dylan (Carolina Drama) et une fois encore de Led Zeppelin (Rich Kid Blues), une influence naturelle et très forte chez Jack White. Un gigantesque mix de culture rock, 40 ans d’influences, dont la plus grande prouesse est d’être égale en qualité et en puissance. Et surtout en puissance, car je l’avoue, Consoler Of The Lonely est une telle tornade qu’il me fait trouver Diamond Hoo Ha, le dernier Supergrass, plutôt mou du genou. C’est dire la claque et les décibels déployées par les instruments du groupe !
En fait, s’il ne reste qu’un seul héritier au rock des seventies, ce doit être Jack White. La legacy de Clapton, Page, des Yardbirds, de Cream, de Led Zep, de Blind Faith… c’est sans doute dans les files d’attente des chômeurs de Détroit qu’elle s’incarne aujourd’hui. Le jour où Mr. White a décidé de prendre une gratte dans ses mains, il a sauvé le rock d’une mort lente et des héritiers trop mous de la brit-pop. Il a ressuscité un esprit, forcément frappeur, qui s’était endormi depuis longtemps aux US et que les années 90, malgré tout le potin qu’elles ont fait, n’ont jamais réussi à déranger…
L’esprit du rock est désormais avec nous, Jack White est son prophète ! Hallelujah mes frères !
Tracklist: 1. Consoler Of The Lonely / 2. Salute Your Solution / 3. You Don’t Understand Me / 4. Old Enough / 5. The Switch And The Spur / 6. Hold Up / 7. Top Yourself / 8. Many Shades Of Black / 9. Five On The Five / 10. Attention / 11. Pull This Blanket Off / 12. Rich Kid Blues / 13. These Stones Will Shout / 14. Carolina Drama
C’était déjà le premier extrait de l’album Pershing paru il y a un mois, c’est par la même occasion le premier clip officiel du groupe. Think I Wanna Die, par Someone Still Loves You Boris Yeltsin. Joie !
C’est le réchauffement climatique qui veut ça. 20° dehors, et hop, les dinosaures sortent de leur tanière pour se secouer les jambons. 2008 sera, encore plus que 2007, l’année des comebacks et des reformations. Alors qu’on nous rabat les oreilles avec une industrie du disque moribonde et agonisantes, les vieux artistes n’ont sans doute jamais autant pensé qu’il y avait encore des royalties à tirer et de nouveaux albums à sortir… Travailler plus pour gagner plus ? C’est juste une humeur comme ça, je ne dit pas que tous sont uniquement attirés par le gain, mais l’emballement est curieux…
Donc, dans la série la vie commence à 60 ans, ce sont les 4 tarés de The B52s qui se sont réunis l’année dernière pour réenregistrer un album. Le résultats s’appelle Funplex et est disponible dans les bacs depuis fin mars. Une véritable petite bombe…
Et pourtant, The B52s, c’était pas vraiment évident qu’ils reviennent comme ça. Fondé en 1976 après une soirée trop arrosée dans un resto chinois (ça s’invente à peine), le groupe est originaire d’Athen en Georgie. Oui. Comme R.E.M. Ca explique au passage les irruptions de Kate Pierson sur Automatic For The People de l’autre groupe. Passons… The B52’s (avec apostrophe à l’époque) n’explose réellement qu’en 1989 avec Love Shack, son hit planétaire. Pourtant sa discographie compte un nombre impressionnant de titres déjantés et graves accrocheurs (Rock Lobster, Planet Claire, Own Private Idaho…) qui doivent énormément aux voix de Kate Pierson et Cindy Wilson, respectivement la rousse et la blonde, et au phrasé haché de Fred Schneider. The B52’s, c’est une alchimie d’autant plus improbable qu’elle fonctionne parfaitement. Un petit miracle.
Plus de 30 ans après sa formation, et quelques liftings après aussi, le groupe m’épate toujours. Funplex ? Une bombe, une vraie bombe pour qui aime le groupe. C’est un peu moins inventif que la zik dans tous débuts, mais beaucoup plus festif. Ca déborde d’énergie et de rythmes qui sont un peu plus électroniques qu’avant. On est en 2008, obligé. Kate Pierson m’hallucine pour avoir gardé une telle voix à presque 60 balais, et Fred Schneider est toujours aussi taré dans ses speechs. Et l’album est bourré de références cachées à la pop-culture. Les clips aussi sont toujours aussi barrés :
Après, bien sûr, on aime ou on n’aime pas. Le moins que l’on puisse dire c’est en tout cas que l’album ne surprend pas : du B52s tout craché. Moi, j’adore… yeah !
Tracklist: 1. Pump / 2. Hot Corner / 3. Ultraviolet / 4. Juliet of the Spirits / 5. Funplex / 6. Eyes Wide Open / 7. Love in the Year 3000 / 8. Deviant Ingredient / 9. Too Much to Think About / 10. Dancing Now / 11. Keep This Party Going
Je suis vraiment bien content de recevoir de temps en temps des CD du label Classics and Jazz d’Universal Music. Ca change de la variété française et c’est toujours d’une très grande qualité. Le dernier James Taylor, One Man Band, enregistré en public, est très prenant. Le premier album de Lizz Wright (The Orchard) sonne comme un mélange Jazz & Word plutôt à la mode mais toujours agréable. Et aujourd’hui, la toute première release de Melody Gardot, une nénette de tout juste 23 ans sortie de Philadelphia, me fait grave frissonner.
Je les reconnais facilement les CD de Jazz maintenant, ce sont ceux qui sont entourés d’un liseré blanc, dans une petite pochette plastique, et dont l’illustration est toujours super classe. Je sais en général que je vais passer un bon moment avec eux, sous condition que je sois d’humeur à me laisser porter par ces rythmes suaves. Là c’est le cas… Et Melody Gardot m’emporte avec son Worrisome Heart.
Rho, c’est du jazz cote-est tout ce qu’il y a de classique. Contrebasse, trompette discrète et balais sur les peaux de tambour, et quelques guitares en plus ici et là. Et une voix qui va avec le reste. On est très loin de la world-music de Norah Jones ou du côté crooner de Diana Krall. On est plutôt dans les jazz-club enfumés de Manhattan. C’est super classique, mais en même temps c’est super agréable…
Worrisome Heart avec son introduction au piano pose les bases de suite du côté de chez Milles Davis, un peu. Les morceaux suivant sont plus folky-jazz, avec une guitare bien placé et des accompagnements discrets (Gone en extrait du jour : ). Sweet Memories lâche encore un peu plus de leste et la miss Melody Gardot (qui porte quand même super bien son prénom) part à la limite du scat.. Quiet Fire est incroyable, One Day se rapproche d’un Cry Me A River… Love Me Like A River Does revient sur le piano et la trompette Davissante… et Goodnite clôture l’album de la plus belle façon possible. Un bijou du début à la fin.
Tracklist: 1. Worrisome Heart / 2. All That I Need Is Love / 3. Gone / 4. Sweet Memory / 5. Some Lessons / 6. Quiet Fire / 7. One Day / 8. Love Me Like a River Does / 9. Goodnite / 10. Twilight
La musique des sphères, rien que ça… un titre un peu prétentieux pour le second album symphonique de Mike Oldfiled, en fait sa 25e production depuis le révolutionnaire Tubular Bells. La majorité des lecteurs de DiscoBlog, du moins ceux qui me lisent régulièrement, savent à quel point je suis capable d’encenser Mike Oldfiled et notamment ses premières productions comme Hergest Ridge ou Ommadawn. Quand JP m’a annoncé ici même qu’un nouvel album sortait à la mi-mars, je me suis jeté dessus, forcément. Trop curieux de voir la nouvelle symphonie à laquelle s’est livré le maître de l’instrumental… D’autant que cette fois, Mike Oldfiled donne réellement dans le symphonique. Pas de synthétiseur, pas de guitare électrique : un véritable orchestre avec cordes et tout de toutim. Alléchant.
Et… et… c’est maintenant que je vais devenir désagréable. Que dire de Music Of The Spheres, sinon qu’il ne m’a pas du tout convaincu, ni ensorcelé. Je regrette même un peu de l’avoir acheté, si ce n’était que je cherche à compléter mon Oldfieldothèque. Oh, bien entendu les compositions de Mike Oldfield sont toujours belles et réussies, et son utilisation d’un orchestre symphonique est fine. Je ne reviendrai pas sur le talent du compositeur, après plus de 35 ans de carrière, ça serait gonflé de ma part… C’est juste que j’ai l’impression que toutes les musiques et tous les accords de Music Of The Spheres, je les ai déjà entendues dans sa discographie seventies, de Tubular Bells à Incantations… et je préfère largement les morceaux originaux. Et si Mike Oldfield se rapproche parfois, dans ces élans symphoniques, d’une musique de film hollywoodienne, on me permettra d’aller butiner plutôt du côté de Maurice Jarre et de Lawrence of Arabia pour les grandes envolées lyriques et planantes…
Certes, l’album est beau, mais il est pour moi décousu, entendu et surtout il ne m’emporte pas. Nulle Part…
PS : quel silence ces derniers jours…
Tracklist: 1. harbinger / 2. animus / 3. silhouette / 4. shabda / 5. the tempest / 6. harbinger reprise / 7. on my heart / 8. aurora / 9. prophecy / 10. on my heart reprise / 11. harmonia mundi / 12. the other side / 13. empyrean / 14. musica universalis